En quoi la sortie de la Cooperl du cadran peut elle avoir un effet négatif ?
Avec 100.000 porcs par semaine, la coopérative Cooperl est clairement leader en France. Or, un leader, qui plus est coopératif, devrait donner la tendance et travailler dans l’intérêt des producteurs alors qu’avec cette décision, sa stratégie est clairement de tirer le marché vers le bas. La coopérative bloque complètement le système alors qu’elle a déjà verrouillé la filière. L’an passé lorsque la Cooperl et Bigard s’étaient déjà retiré du cadran, le prix fixé par le Ministre de l’agriculture à 1,4 €/kg de carcasse n’avait pas tenu avec une moyenne d’environ 1,22 sur l’année mais de 1,15 seulement au second semestre.
Quel serait selon vous le bon prix ?
Il faut que les éleveurs puissent vivre de leur métier. C’est encore possible de conserver une production française mais il leur faut le bon prix avant que ce ne soit trop tard. Sur la base du cadran, le cout de revient est d’environ 1,4. L’an dernier, nous avons payé sur la base de 1,38 en moyenne avec les plus value liée à notre cahier des charges, ce qui est transparent car les céréales, qui constituent l’essentiel de l’alimentation, avaient baissé en fin d’année. Mais au premier semestre, le prix du marché n’a été que de 1,15. Pour les éleveurs, il faudrait donc repasser vers 1,5 toute la fin de l’année pour une moyenne annuelle correcte.
Quel est l’intérêt d’un prix supérieur pour vous, salaisonnier ?
Il faut surtout un marché de référence qui représente réellement le marché, surtout que les perspectives européennes sont plutôt bonnes actuellement. Un acteur comme la coopérative Cooperl ne peut pas décider de changer les règles du jeu quand le marché ne lui convient pas. Il faudrait aussi que l’origine des viandes soit indiquée même dans les produits transformés afin de sortir la filière française par le haut, par la qualité, comme la volaille est en train de la faire.
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