Le géant Herta (650 millions de chiffre d'affaires, 2.000 salariés) poursuit son travail de valorisation de la filière porc tricolore. Dans un contexte de crise pour le secteur, la marque préférée des Français en 2015 vient de signer, avec le groupement de producteurs breton Syproporcs, un accord innovant en terme de commercialisation baptisé « swap de valeur porc jambon ».
Limiter la volatilité des prix
« Ce dispositif réside dans le transfert d'un prix variable, lié au marché, à un prix fixe sur une période de six mois et déconnecté de tous circuits de livraison physique, précise Daniel Bellec, directeur de Syproporcs (650.000 porcs, 200 éleveurs) et initiateur du concept avec Jean Cordier, chercheur spécialiste des marchés à Agrocampus Ouest à Rennes. Le contrat s'établit dans une logique d'échanges financiers à l'image d'une assurance. » Ainsi, chaque mois au cours de la période contractuelle, les cours du porc issus du marché au cadran national de Plérin seront comparés au prix fixe du contrat. « Lorsque le prix du MPB sera inférieur, Herta compensera auprès des éleveurs l'écart de prix. À l'inverse, si le MPB est au-dessus du prix du contrat, les éleveurs restitueront à Herta le montant de la compensation. »
Améliorer les négo GMS
Pour l'industriel français, cet accord, qui se matérialisera par une phase de tests de juillet à décembre 2015, va lui permettre de limiter l'impact de la volatilité des prix. « Cela s'inscrit dans la continuité de notre programme Préférence, lancée en 2014, et qui vise à mieux valoriser le premier maillon de la filière porc. Cette méthode contribue à donner une meilleure visibilité pour aborder les négociations commerciales annuelles avec la grande distribution. » Pour cette phase expérimentale, aucun prix, ni aucun volume n'ont été communiqués par les deux partenaires. « Nous pouvons juste préciser que l'accord couvre à minima les coûts de revient des éleveurs qui se sont engagés », souligne Hervé Gaté, président de Syproporcs.
AGRO Le leader français de la salaison vient de signer un accord de contractualisation « swap » avec le groupement de producteurs bretons Syproporcs.