8 millions d'euros de travaux et une remise en service à l'été 2014. Voici les conclusions auxquelles arrivent les experts au sujet du pont Mathilde à Rouen, suite à l'accident survenu le 29 octobre dernier. Exit le remplacement intégral de la travée endommagée, le comité d'experts regroupant des spécialistes du ministère des transports estime suffisant : « La dépose puis repose de la travée après remplacement de la section endommagée ». Seule une partie du pont est réellement endommagée, explique Jean-Pierre Lucas, directeur adjoint infrastructures du Département 76, propriétaire du pont : « 40 mètres ont véritablement été endommagés sur les 115 mètres de la travée. Le remplacement total n'est donc pas préconisé ». « Une solution fiable, techniquement réalisable et moins onéreuse qu'un remplacement total ou un travail in situ. Elle permet aussi de maintenir une partie du trafic fluvial », complète Didier Marie, président du Département 76. Une remise en service temporaire pour une période de 2 à 3 mois a finalement été abandonnée pour cause d'utilité limitée et de coût élevé (1,5 million d'euros).
Les chefs d'entreprises inquiets
Plus d'un an avant la remise en service du pont Mathilde : trop long pour les chefs d'entreprises dont l'activité s'exerce sur l'agglomération rouennaise, s'inquiètent les représentants de la CCIT de Rouen. Dans une enquête réalisée auprès de 380 entreprises représentatives (dont 68 % sur le territoire de la Crea) plusieurs constats alarmants ressortent. Ainsi, près d'un chef d'entreprise sur deux déclare que la fermeture du pont Mathilde a un impact direct sur son activité ; 75 % des entreprises ayant déclaré un impact négatif sur leur activité sont des entreprises de « service » (46 %) ou de « commerce » (29 %) implantées dans la Crea. Parmi ceux-ci, 16 % estiment que leur activité est compromise, soit 7 % des chefs d'entreprises interrogés. De plus, suite à la fermeture du pont Mathilde, 13 % des chefs d'entreprises interrogés déclarent remettre en question certains de leurs projets de développement. Trois grands domaines de difficultés sont identifiés : les déplacements des salariés, le comportement de la clientèle et le transport des marchandises. Face à ce constat inquiétant, plusieurs questions se posent, explique Christian Hérail, président de la CCIT de Rouen : « Comment redonner une image positive de l'agglomération à la clientèle et aux investisseurs ? Comment ne pas perdre des marchés ? Comment faire circuler les marchandises dans l'agglomération ? Le monde économique demande un plan d'urgence concerté pour éviter 7 % de dépôts de bilans d'entreprises ! Nous voulons aussi être associés aux discussions de l'État et des collectivités gestionnaires de voieries, au regard de la gravité de la situation ».
Sébastien Colle
Le comité d'experts a rendu son avis sur les travaux du pont Mathilde et prévoit sa réouverture à l'été 2014. Un délai jugé trop long par les chefs d'entreprises.