Le Havre
Politique maritime : Nicolas Sarkozy dévoile ses ambitions
Le Havre # Conjoncture

Politique maritime : Nicolas Sarkozy dévoile ses ambitions

Le Président de la République est venu auHavre en juillet dernier préciser les orientations de la politique maritime de la France, rappelant au passage son ambition de faire duHavre le port de la Capitale.

Le premier ministre François Fillon avait choisi Marseille pour annoncer la réforme des ports autonomes. Nicolas Sarkozy, lui, est venu auHavre pour développer la nouvelle stratégie maritime de la France.




Doubler la part de marché des ports français

Premier acte de cette nouvelle ambition... la réforme portuaire engagée en 2008 et fondée, selon lui, sur un simple constat de bon sens: «Il est insensé qu'un pays maritime importe les deux tiers de ses conteneurs par des ports étrangers» et que dans le même temps le trafic français ne progresse que de 1% par an tandis que le trafic mondial bondit de 10% chaque année. «Choqué», a-t-il dit, par cette réalité, il a justifié la réforme par la nécessité de «s'inspirer des endroits où ça marche le mieux», évoquant notamment la productivité du port d'Anvers qui ne devait rien ni à la «fatalité», ni à un quelconque «microclimat!» L'ambition du chef de l'État est claire: «doubler la part de marché des ports français dans les conteneurs pour la porter à 12% du marché européen», rien de moins, et de trancher: «Une petite ambition ne sert à rien»!




«Je mènerais la réforme du fret ferroviaire

» Mais qui dit développement des ports, dit évacuation de la marchandise. Et dans ce domaine, Nicolas Sarkozy annonce la couleur: «La réforme du fret ferroviaire, je la mènerais et je ne céderais pas là-dessus», a-t-il prévenu, mettant à l'index la qualité de service de l'opérateur Fret-SNCF ainsi que Réseau Ferré de France (RFF), sommé de «prendre des engagements de qualité crédibles et qui ne doit plus supprimer des sillons de fret à la dernière minute sans de lourdes pénalités». Une politique qui va nécessiter des investissements (le Grenelle de l'Environnement a fixé pour objectif de faire passer la part modale hors transport routier de 14% aujourd'hui à 25% en 2022) qui coûteront en bout de course «bien moins cher que l'immobilisme, car ils vont créer de la richesse et des points de croissance», a expliqué le chef de l'État. A fortiori en période de crise: «C'est parce qu'il y a des déficits et de la dette qu'il faut investir!»




Le Livre Bleu du Grenelle de la mer

Dans la droite ligne du Grenelle de la mer mené par le ministre Jean-Louis Borloo, un «Livre Bleu» définissant la stratégie maritime française devrait être validé avant la fin de l'année par le Comité interministériel de la mer. Dans les grandes lignes, le président veut conjuguer protection des ressources naturelles et exploitation durable... de ces mêmes ressources, annonçant son choix de défendre «une pêche responsable». La France devra créer d'ici 2020 des aires maritimes protégées qui pourront représenter jusqu'à 20% des 11millions de km² de mers sous souveraineté française. Évoquant «une stratégie globale cohérente», le président de la République a réaffirmé sa volonté d'aller au bout de ces réformes, notamment concernant le Grand Paris, projet «non négociable» (lire page13) dont l'une des vocations premières est de faire duHavre le grand port de Paris.



Guillaume Ducable

Le Havre # Conjoncture