« Adhérent du pôle Aerospace Valley depuis ses débuts au nom de Pole Star, mais aussi du groupement de sociétés Cecile (rassemblant les PME haut-garonnaises autour des applications spatiales, ndlr), l'intérêt était pour moi évident. En effet, dans notre secteur d'activité le soutien financier aux projets de R&D est primordial pour garder une longueur d'avance et être compétitif », annonce Jean Chenebault, le Dg de Pole Star, spécialisée dans la géolocalisation indoor. Quant à la nouvelle feuille de route du pôle de compétitivité et l'annonce de la création de commissions de marchés afin de soutenir les PME et de les guider sur des pistes de diversification, le dirigeant explique être dans l'attente des premiers résultats : « Il faut voir ce que cela va donner. Mais ces commissions répondent à une attente des entreprises telles que la nôtre, l'accès à de nouveaux marchés étant problématique pour les PME innovantes. » Autre nouvelle action lancée par Aerospace Valley : la Business Success Initiative. Cinq projets portant sur des nouveaux produits portés par des entreprises doivent ainsi être accompagnés. Cet incubateur marketing industriel est financé à hauteur de trois millions d'euros dans le cadre des Investissements d'avenir, auxquels doivent s'ajouter un million d'euros de fonds privés.
Ne pas oublier les sous-traitants
Avec pas moins de 637 adhérents cette année contre 560 l'an passé, le pôle présidé par Agnès Paillard entend représenter l'ensemble des acteurs de l'aérospatial. Malgré tout, certains hésitent encore, à l'image de Gilles de Raffin, Dg de la société d'usinage R-Meca : « Jusqu'à présent je ne me sentais pas concerné mais lors du dernier salon Siane, je suis allé à leur rencontre. Le pôle semble être très orienté innovation et R&D, or cela ne concerne pas mon entreprise. Pour autant y adhérer peut être intéressant s'il permet à des PME de montrer qu'elles existent et qu'elles sont prêtes à répondre aux commandes des grands donneurs d'ordres. Il faut qu'un vrai dialogue puisse se créer entre l'ensemble des adhérents, que cela soit constructif. » Fédérer, un élément qui ressort aussi des propos de René Chelle, le P-dg de la société de biotechnologies, AB7 Industries : « Agri Sud-Ouest Innovation (nouvelle appellation d'Agrimip, ndlr) est une structure performante pour le secteur de l'agroalimentaire, elle fédère les industriels et les universitaires. Dans le cadre du pôle, nous portons d'ailleurs un projet et nous collaborons avec la PMI De Sangosse dans le cadre d'un autre. » En revanche, l'entrepreneur s'avoue mitigé quant à l'ambition d'Agri sud-Ouest Innovation de renforcer son positionnement international : « Cela peut être une bonne chose mais à condition qu'on en ait les moyens. De même, le pôle souhaitait à une période proposer de la formation mais il n'était pas dans son rôle qui est de développer des projets. »
Favoriser les collaborations
Interrogé sur la possibilité d'adhérer à un autre pôle comme Cancer-Bio-Santé, René Chelle n'y voit pas d'utilité : « J'ai proposé un dossier qui aurait pu les intéresser mais cela n'a finalement pas abouti. » Orienté, comme son nom l'indique, sur la recherche contre le cancer, ce pôle a annoncé dans le cadre de sa feuille de route 2013-2018 son ambition d'étendre son champ d'action au domaine du vieillissement. Des partenariats doivent être créés avec notamment le Gérontopole de Toulouse ou le « living lab » de Limoges, AutonomLab, ainsi que des collaborations inter-clusters (locales, nationales et internationales). Membre de CBS depuis janvier dernier, Jean-Michel Lagarde, président de la biotech Pixience, a quant à lui choisi d'y adhérer au moment où il a eu besoin de monter des projets de consortium : « Le fait d'être labellisé apporte du poids, nous rend attractif. C'est important pour une start-up. Dans notre cas, nous faisons partie de deux consortiums et deux autres sont en projet. »
Fillières. Les pôles de compétitivité Aerospace Valley, Cancer-Bio-Santé et Agri Sud-Ouest Innovation ont annoncé leurs ambitions pour 2013-2018. Mais les feuilles de route répondent-elles vraiment aux demandes des PME ?