Lors de la dernière évaluation des pôles de compétitivité, le pôle SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) a été classé dans le groupe 2. Qu'est-ce qui lui a manqué?
Un point. Il fallait 30 points pour atteindre le groupe 1, nous en avons obtenu 29. Je pense que nous avons été pénalisés parce que nous n'avons pas su mener à bien le projet d'IRT. À cela s'est ajouté le fait que, si le pôle SCS compte 28 grands groupes internationaux, il n'a pas un grand groupe leader comme EADS à Toulouse, capable de fédérer l'ensemble des acteurs et de structurer fortement la filière. C'est une faiblesse, mais aussi une force. Car nous regroupons à la fois des acteurs du monde de la microélectronique, du logiciel et des télécoms. Cette pluralité d'activités nous permet de monter des projets multifacettes et d'aborder des thématiques allant du silicium aux usages.
Quelle est votre feuille de route pour 2013?
Nous nous préparons à la phase 3.0 des pôles pour laquelle nous sommes en train de définir les grands axes thématiques d'orientation technologique et marché que nous présenterons en février au travers de différents livres blancs. Il y aura un axe fort autour de nos actions à l'international qu'il nous faut renforcer. Cela nous a été reproché lors de la dernière évaluation. Nous allons donc recruter une personne qui sera chargée de dynamiser notre présence européenne, à travers notamment un projet de partenariats autour de l'ICT Labs où nous souhaiterions que chacun des partenaires européens reçoive en leur sein, pour une période de 3 à 6 mois, des PME étrangères. Une sorte d'Erasmus industriel et technologique, pour que les PME qui veulent aller à l'international puissent réellement s'imprégner du marché visé.
Outre l'international, quelles sont vos contributions au développement des entreprises membres?
Au-delà de notre rôle de mise en réseau, que la journée du 13décembre illustre parfaitement (voir agenda, ndlr), notre mission est d'accompagner la croissance des PME. Cela passe par l'accès au financement, notamment pour les jeunes entreprises en phase de croissance. À titre d'exemple, sur les 12 derniers mois, nous avons réussi à faire lever 7,4millions d'euros pour cinq de nos entreprises. Cela passe aussi par notre programme PME ETI, qui vise à accompagner durant 18 mois cinq entreprises ayant déjà une assise solide pour les aider à atteindre cette fameuse taille intermédiaire qui fait défaut au territoire, en particulier dans le domaine du numérique. C'est un programme ambitieux, notre objectif est la création de 200 emplois.
Il semble que le nouveau gouvernement souhaite réduire les pôles à vocation mondiale. Pensez-vous être concerné?
Au regard du contrat de performance 2009/2011, nous faisons partie des pôles qui ont atteint leurs objectifs. Notre autofinancement est de 52%. Nous sommes régulièrement dans le top 10 des pôles sur de nombreux sujets. Même si l'évaluation a sanctionné notre difficulté à monter l'IRT et notre faiblesse en terme de rayonnement international, le poids de nos projets et de nos acteurs en région nous donne clairement la dimension d'un pôle mondial.
TIC. Avec 280 adhérents, dont 70% de PME, SCS représente 60.000 emplois en Paca. Rencontre avec son président à la veille de la phase 3.0 des pôles de compétitivité.