«Nous sommes persuadés que la crise va entraîner des mutations profondes, dont le départ de certains métiers de notre région, mais aussi, la disparition de certains emplois à jamais», explique Rui Lopes, directeur régional de Pôle Emploi Haute-Normandie. Un préambule alarmant à la présentation, le 20avril dernier, d'une enquête sur les besoins en main-d'oeuvre 2010 de la région. Le directeur régional qui précise que les destructions d'emplois se poursuivent et sont fortes: «La problématique est donc de répondre aux demandes des entreprises car il y a une forte inadéquation entre l'offre et la demande, couplée à un manque d'expérience. La formation est donc la clé et nous voulons envisager et anticiper les formations à court, moyen et long terme».
Peu de visibilité dans les deux ans
L'enquête menée avec le concours du Crédoc, porte sur les 14 bassins d'emplois de la région Haute-Normandie. Sur 43.700 établissements interrogés, 11.100 questionnaires ont été retournés: «Soit un taux de retour particulièrement élevé». Première constatation, une entreprise sur deux n'a pas de visibilité sur ses besoins en postes dans les deux ans. Au total pour l'année 2010, 18,2% des établissements de Haute-Normandie ont l'intention de recruter, soit 11.600 employeurs potentiels. Des entreprises qui recensent 28.300 projets de recrutement. Parmi ces postes, près de deux projets sur trois sont liés à des activités de service (santé et secteur social): «Avec 17% d'embauches prévues, la santé est le premier recruteur régional». Les métiers les plus recherchés se comptent dans les secteurs de l'aide à domicile, de l'animation, les aides soignantes, les agents d'entretien et les serveurs de café. Selon l'étude, 75% des intentions d'embauche sont exprimées par des établissements de moins de 50 salariés et le travail saisonnier prend une part relativement faible à 25%.
28.300, c'est le nombre de projets de recrutement recensés par Pôle Emploi pour 2010, en Haute-Normandie.