C'est en juillet dernier que Floréal Jonveaux a achevé le tour de table qui lui a permis de racheter l'entreprise Plastifrance, dont il était le directeur général, au groupe de Bernard Panek, Lorraine Fers, basé à Nancy. «Je souhaitais entreprendre à titre personnel et je cherchais à racheter une PME de la région. Je n'avais même pas songé à Plastifrance qui n'était pas dans mes prix», rappelle-t-il. «Puis, Bernard Panek a souhaité s'en séparer et m'a proposé de la reprendre. J'ai alors constitué un tour de table. Mais je voulais rester majoritaire dans l'entreprise, ne pas me retrouver, comme lorsque j'étais directeur général, dépendant de capitaux que je ne détiens pas. C'est une contrainte qui a rendu difficiles les discussions avec les fonds d'investissement», ajoute-t-il. Toutefois, Floréal Jonveaux entre enfin en contact avec Turenne Capital, qui accepte de participer à l'opération. Le capital de l'entreprise est aujourd'hui détenu à 60% par son dirigeant et à 40% par le fonds Turenne Capital. «Oséo a également apporté son soutien à l'entreprise en finançant une partie de la dette et en apportant des garanties. Cela a facilité bien des choses». Les murs sont demeurés propriété de Bernard Panek. «Vu le prix de l'immobilier dans notre région, le bâtiment vaut plus cher que l'entreprise», souligne avec humour Floréal Jonveaux, qui se retrouve à la tête de la société, dont la naissance, suite au dépôt de bilan de Plastique de France, remonte à l'année 2000.
Rachat de l'activité cartes de Gemplus
«Plastifrance a vraiment décollé en 2003, lorsque nous avons eu l'opportunité de racheter l'activité «cartes» de Gemplus, qui souhaitait alors externaliser ses tâches de fabrication. Nous avons ainsi intégré les trente salariés de Gemplus et cela nous a apporté une technologie et un savoir-faire sur un marché spécifique», poursuit-il. Plastifrance est aujourd'hui leader de la fabrication de cartes sur l'Europe-Moyen Orient-Afrique, en volume et en parts de marché. L'entreprise livre ainsi les grands acteurs de ce secteur: Gemalto, Sagem Orga, ou encore Giesecke et Devrient. En 2010, l'entreprise, qui dispose d'une capacité de production de 700millions de cartes, en a produit près de 500millions. «Nous investissons chaque année près de 10% du chiffre d'affaires dans nos process et nous produisons quotidiennement 1,5million de cartes, essentiellement destinées au marché du GSM. Depuis 2003, Plastifrance est passée d'une culture locale à un environnement international. Nous réalisons aujourd'hui près de 60% de notre chiffre d'affaires à l'export. Cela a nécessité un changement radical de nos mentalités». Petit à petit, les activités que la société réalisait en sous-traitance ont disparu suite à leur délocalisation dans des pays où le coût de la main-d'oeuvre est moindre. «Pour rivaliser en prix, nous avons mis en place un processus spécifique. Tous nos opérateurs sont responsabilisés et sont maîtres de la qualité des cartes qu'ils produisent. Vu nos volumes de production, il est impossible de toutes les contrôler. Tout repose donc sur leur savoir-faire. Les clients qui nous achètent les cartes ne veulent aucun accroc dans leurs chaînes de production. Le moindre défaut peut avoir des conséquences importantes», précise Floréal Jonveaux. «Maintenant que l'outil industriel est à moi, l'aventure commence. J'ai fait relooker notre logo et nous allons entamer une démarche de communication. Nous manquions de visibilité». La société envisage sa certification Iso 14.001 pour 2011. «Nous visons également les agréments pour travailler avec l'industrie médicale qui sera sûrement le prochain marché sur lequel nous allons nous développer», conclut-il.
Positionnée sur le plastique et le principe de l'injection, Plastifrance, basée à Gémenos, vient d'être rachetée dans le courant de l'été par son directeur général. L'entreprise se positionne comme l'un des leaders de la production de cartes destinées au marché du GSM.