P.Lantermoz : «La crise touche aussi les entreprises saines»
# Conjoncture

P.Lantermoz : «La crise touche aussi les entreprises saines»

Depuis janvier, le Tribunal de Commerce de Saint-Étienne/Montbrison a déjà enregistré 214 procédures de liquidations ou redressements judiciaires. Un chiffre qui inquiète son président Pierre Lantermoz.


Où en est-on des défaillances d'entreprises dans la Loire?


On constate une aggravation depuis le dernier trimestre 2008 avec une seconde aggravation au cours du 2e trimestre 2009. Au 30mars 2009, nous avons déjà enregistré 214 procédures de liquidations ou redressements judiciaires touchant au total 1.543 salariés.

Sur l'ensemble de 2008, année qui était déjà en augmentation par rapport à 2007, le nombre de procédures de liquidations ou redressements s'élevait à 414.


La situation est donc préoccupante?


Oui, d'autant qu'au deuxième semestre 2008 on avait surtout des défaillances de petites entreprises. Depuis le premier trimestre 2009, on a vu arriver de grosses PME de 30, 40, 50 jusqu'à plus de 100 salariés.
Tous les secteurs sont concernés?
Les secteurs les plus touchés sont la mécanique et les biens d'équipements qui connaissent des arrêts brutaux de leurs commandes. Dans le bâtiment, on constate un ralentissement, mais les commandes lancées en 2008 sont par nature menées à terme. Le problème, c'est que l'on risque d'avoir un creux dans le second semestre, le temps que les mesures du plan de relance produisent leurs effets. Les petits commerces des centres-villes sont eux confrontés à une crise de confiance et à la baisse du pouvoir d'achat.
Y a-t-il tout de même un peu de positif dans ce marasme économique ambiant?
Ce qui est positif, c'est l'augmentation des entretiens spontanés avec les chefs d'entreprises. Les procédures de conciliations ou mandat haddock sont en hausse. Cela permet de traiter de manière confidentielle les difficultés conjoncturelles. Les chefs d'entreprises ont une nouvelle perception de leurs difficultés, ce qui permet d'intervenir en amont et d'éviter le pire.




Quel est le problème majeur des entreprises?


Le problème numéro1, c'est la disparition quasi totale des commandes. Les problèmes de trésorerie se règlent assez rapidement, d'autant que le gouvernement a donné des consignes pour trouver des solutions d'étalement des dettes.
La réforme de la loi de sauvegarde des entreprises va d'ailleurs dans ce sens!
Effectivement, elle permet d'élargir la facilité d'accès des entreprises aux procédures de sauvegarde et autorise les institutions à faire preuve de beaucoup de souplesse dans l'étalement des dettes. L'Urssaf peut même aller désormais jusqu'à une remise gracieuse. Ce qui n'était pas le cas par le passé. L'autre évolution concerne le chef d'entreprise qui, en faisant appel à une procédure de sauvegarde pour se protéger, conserve une grande autonomie dans la gestion de son entreprise.




Comment voyez-vous cette fin d'année 2009?


Je crains une nouvelle aggravation. Jusqu'à présent, ce sont les entreprises les plus fragiles qui ont été touchées. Désormais, la crise touche aussi les entreprises saines.

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