L'été s'annonce rude! Tous les gouvernements européens ont collectivement et simultanément décidé de basculer brutalement de la relance à l'austérité. Le cas grec a traumatisé les capitales du Vieux continent. Espagne, Irlande, Portugal, Grèce... on peut faire un tour d'Europe de la rigueur, à base de baisses de salaire et de coupes claires dans les programmes sociaux. En France, François Fillon a décrété le gel salarial dans la fonction publique pour les trois années à venir et une réduction de 10% des dépenses ?d'interventions? (prestations sociales). L'objectif, bien évidement, est d'assainir les finances publiques pour éviter le spectre de la faillite. L'Élysée serait, dit-on, terrorisé à l'idée de perdre sa fameuse note AAA (20/20) des agences de notation qui permet à la France d'emprunter dans d'excellentes conditions. Le gouvernement s'est ainsi engagé à ramener à 3% son déficit public en 2013, contre plus de 8% aujourd'hui. Mais cette cure d'austérité a un deuxième objectif: restaurer la compétitivité du sud de l'Europe. Depuis la création de l'euro, les coûts salariaux ont progressé de 20 à 30% plus vite dans les pays du sud qu'en Allemagne. Résultat: ces pays ne sont plus au niveau. En Espagne (20% de chômage), en Grèce, en France, les entreprises ne sont plus compétitives face à leurs concurrentes allemandes (qui enregistrent logiquement des performances stellaires à l'exportation). Comment restaurer cette compétitivité? Ne pouvant dévaluer, les pays du sud de l'Europe et l'Irlande sont condamnés à baisser les salaires! En clair, c'est la diète pour tout le monde, le public et le privé. Reste à savoir quelles seront les conséquences macro-économiques d'un tel serrage de vis. Certains redoutent que le patient européen ne meure guéri! D'où le gros coup de blues sur tous les marchés financiers de la planète. Car, qu'on le veuille ou non, l'Europe reste la première zone de consommation mondiale. Le PIB de l'Union européenne (12.600Md€) est supérieur aux PIB des États-Unis (11.800Md€) et dépasse très largement celui de la Chine (moins de 4.000Md€). Bref, si l'Europe va mal, le monde va mal. C'est finalement une preuve, par l'absurde, de l'importance du Vieux continent.
Planète écoPar Axel de Tarlé Hiver économique pour l'Europe
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la rédaction
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