Le salon nautique de Cannes en septembre était un camaïeu de bleu: le ciel, la mer et les chemises rayées. Pourtant on y voyait rouge: après des années de croissance, rien ne semble pouvoir arrêter le recul des chiffres. La solution sera peut-être verte, du côté de l'innovation et des énergies renouvelables.
1,2 mds de CA dans le 06
Pendant une décennie, le marché de la plaisance a connu une croissance à deux chiffres. C'était l'âge d'or des vendeurs, loueurs et autres designers de yachts, qui entraînaient toute une économie derrière eux. En 2008, la filière nautique enregistrait un chiffre d'affaires de 1,2 mds d'euros dans les Alpes-Maritimes. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Crise économique oblige, la saison 2008-2009 a été marquée par un recul du marché mondial de 50%. Le nautisme français, qui représente 10.000 emplois directs, ne s'en tirait alors pas trop mal avec un recul de ?seulement? 30%.
«Nautisme durable»
Cette année, «la situation est globalement moins inquiétante, la chute ralentit, mais nous n'avons pas retrouvé les niveaux de 2007», observait un représentant de la Fédération des industries nautiques (FIN) sur le salon cannois. Pour l'organisation, qui a profité du rendez-vous professionnel pour signer une convention de partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur, l'avenir est du côté de «la créativité, l'innovation et la préservation de l'environnement». Dans son discours lors de l'inauguration du salon, le ministre-maire Christian Estrosi saluait lui aussi un «travail de d'innovation qui cherche à promouvoir un nautisme responsable et durable».
Une question de faisabilité
Le fruit de ces innovations, c'est par exemple le bateau à propulsion exclusivement solaire issu d'un projet suisse-allemand mené par la société PlanetSolar. Le navire a passé son test final dans la Méditerranée. Cette étape passée, il est prêt à partir pour un tour du monde! Gaspard Milazzo, dirigeant de la société cannoise Gaspard Yachts croit dur comme fer à ce type de projets. Pourtant, selon Sébastien Fiardo de la société ENA Électricité Marine, c'est encore une utopie. «Du côté de notre clientèle, il n'y a pas de demande d'équipement vert. Et de toute façon, rien ne fait l'affaire et ne peut remplacer les groupes électrogènes, la plaisance est trop consommatrice d'énergie.» Il y a donc encore du travail pour que la plaisance passe au vert. Voilà qui devrait créer de l'activité!
Comment sauver la plaisance ? Après 10ans de croissance, le monde du nautisme a connu une année noire en 2008-2009 et peine à remettre le cap sur des eaux plus calmes. Il est l'heure de chercher des solutions. Elles sont peut-être du côté des innovations et énergies renouvelables. Coïncidence: Gaspard Milazzo, dirigeant de Gaspard Yachts, est aussi président fondateur du Getis, le salon de la croissance verte à Cannes. Il y a donc des passerelles entre grande bleue et économie verte.
Lucie Lautrédou