Tout est parti d’une expérience personnelle. Lors d’organisation de funérailles, Laura Loisel et Ali Lounis Wallace se sont rendu compte qu’il n’existait aucune offre qui leur correspondait, avec peu d’impact environnemental. "Un cercueil, notamment destiné à la crémation, est un produit qui a un cycle de vie très court et qui utilise un matériau noble, le bois. C’est du gaspillage de ressource", souligne Laura Loisel.
Avec son conjoint, cette ancienne avocate en Droit des affaires lance donc Pivert Funéraire, en 2021, avec l’objectif de commercialiser des cercueils écologiques. Deux ans de recherche et développement ont été nécessaires afin de trouver les bons matériaux et réfléchir au meilleur design. "Une loi permet, depuis trois ans, de proposer des cercueils dans d’autres matériaux que le bois, mais il faut respecter des normes de solidité et de combustibilité. Nous avons travaillé avec des ingénieurs en mécanique et en matériaux et nous finalisons le prototypage de nos premiers cercueils", poursuit la dirigeante, dont la start-up, classée entreprise de l’économie sociale et solidaire, est installée à Saint-Etienne.
Production locale et biosourcée
La première gamme de cercueils de l’entreprise sera réalisée à partir de déchets des industries sylvicoles, de chutes ou de poudres de bois, mélangés aux rebuts des industries oléicoles (huile de colza et de tournesol). "Nous compacterons l’ensemble pour réaliser des panneaux 100 % biosourcés, sans vernis toxique. Nous avons aussi été accompagnés par un cabinet d’éco-conception et grâce à notre travail sur le design, le cercueil ne nécessite pas de visserie. Ce n’est qu’un assemblage par emboîtement, avec seulement un peu de colle. Il est donc plus léger", détaille Laura Loisel. Des caractéristiques qui permettent de faciliter le transport et le stockage et d’économiser de la place.
Commercialisation à l’été 2025
Après l’obtention des certifications nécessaires, Pivert Funéraire espère commercialiser ses deux premiers cercueils, un en entrée de gamme et l’autre plus élaboré, dès cet été. L’objectif est d’en produire 500 l’année prochaine. Une fabrication locale, car la start-up entend travailler avec des sous-traitants de la région, notamment dans la Loire et la Haute-Loire. "Cette première gamme concernera des cercueils destinés à la crémation, car les contraintes sont plus fortes pour l’inhumation et puis, nous pensons que les personnes qui choisissent la crémation sont aussi celles qui seront sensibles à notre démarche écologique", analyse la présidente de Pivert Funéraire.
Une levée de fonds en préparation
La start-up prépare une levée de fonds de plusieurs centaines de milliers d’euros, pour l’année prochaine, afin d’industrialiser sa production et de lancer la commercialisation à grande échelle. Elle a déjà des premiers contacts avec des pompes funèbres et les précommandes sont lancées. Avec ce nouveau concept, Pivert Funéraire entend se faire une place dans "un secteur très concentré, composé de quatre gros fabricants en France (dont Canard et OGF, NDLR)", précise Laura Loisel. On compte, chaque année dans l’hexagone, plus de 650 000 décès et autant de cercueils commercialisés.