Les laboratoires Pierre Fabre (10 200 collaborateurs, 3,1 Md€ de CA 2024) ont entrepris des travaux conséquents dans trois de leurs usines occitanes. À Soual, à proximité de Castres (Tarn), le groupe met en place une "usine sèche", pour réduire ses consommations d’eau en réutilisant une partie des eaux usées.
70 % d’économie d’eau à Soual
Pour cette usine de cosmétique, le projet consiste à séparer les eaux usées noires (sanitaires et cuisines) des eaux usées grises (eaux de lavage des équipements). Les eaux usées noires seront traitées par un filtre planté de végétaux, puis utilisées pour l’arrosage des serres du Conservatoire botanique à proximité du site. Les eaux usées grises, quant à elles, seront traitées par une nouvelle station d’épuration pour obtenir une eau de qualité potable, réutilisée pour nettoyer les équipements. La consommation d’eau de l’usine passera ainsi de 100 000 m3/an aujourd’hui à 30 000 m3/an demain, soit une diminution de 70 %. Les travaux ont démarré, le tout doit être livré fin 2026. Des trois sites, l’usine de Soual est celle qui emploie le plus de collaborateurs : 511. Le groupe injecte 6,6 millions d’euros dans ces aménagements.
10 millions d’euros à Gaillac
D’ici la fin 2025 devrait aboutir le projet de Gaillac (Tarn, 209 salariés), qui nécessite 10 millions d’euros d’investissement. L’usine spécialisée dans le développement et la production d’ingrédients actifs pour la pharmacie et la dermocosmétique va être équipée d’un oxydateur thermique régénératif (RTO) afin de traiter les composés organiques volatils (COV). À la clé : baisse des consommations et des émissions. En effet, ce dispositif chauffe les gaz collectés dans les ateliers de production à des températures très élevées (entre 800 et 1 000 °C) pour les convertir en CO2 et en vapeur d’eau. L’installation d’une chaudière à haut rendement complète ce dispositif. Ainsi, cette installation permettra une réduction de la consommation d’eau de l’ordre de 3 500 m³/an, une diminution des émissions de CO2 d’environ 1 500 tonnes/an et une réduction de la consommation de gaz de 8 000 MWh/an.
43 millions pour une extension à Avène
Le projet le plus lourd financièrement – 43 millions d’euros — est celui conduit à Avène (Hérault, 315 salariés). Cette fois, il porte sur l’agrandissement du site, afin d’augmenter sa capacité de conditionnement de 75 %. "Accompagner la croissance internationale de la marque Eau Thermale Avène nécessite d’augmenter la capacité de conditionnement du site pour passer de 114 à 200 millions d’unités à horizon 2027", expliquait le groupe dans son rapport annuel. D’où une réorganisation d’importance, reposant sur une simplification des flux internes et externes. Cela implique la construction d’un nouveau bâtiment technique, d’un second bâtiment administratif, d’un nouvel atelier de conditionnement et l’installation de deux lignes supplémentaires de conditionnement. La livraison du projet est attendue pour 2027.