Piège à grande vitesse

Piège à grande vitesse

Le Serpent de mer vient de replonger en eaux profondes. Un temps pourtant, le projet mené par RFF a semblé refaire surface. En juin2009, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a même annoncé que le tracé retenu pour la future ligne LGV Paca serait celui des Métropoles du Sud, rejetant le parcours dit de centre-Var, moins coûteux, qui avait la préférence des élus des Alpes-maritimes, mais le désavantage d'ignorer Toulon. Deux ans et demi plus tard, alors que RFF lance l'opération de concertation afin d'affiner les fuseaux du tracé, l'opposition au sein des Bouches-du-Rhône et du Var est telle que les préfets finissent par suspendre les réunions. La grogne anti-LGV fédère maires, agriculteurs, particuliers et étudiants alors que les Niçois ne cessent d'appeler à boucler la concertation avant le début de la campagne présidentielle. Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, et fervent défenseur de la solution des Métropoles du Sud, s'est même laissé aller à déclarer en direct sur France Inter que «la LGV a plus que du plomb dans l'aile» et que le projet est trop cher. RFF doit revoir sa copie avant l'été prochain. Découvre-t-on aujourd'hui que ce tracé passe par des régions plus denses en population que l'hypothèse centre-Var et par un relief plus difficile? Se rend-on compte aujourd'hui que les vins de Bandol n'apprécient pas davantage le passage des rails que leurs homologues aixois? Serait-il possible que ce projet visant à désenclaver l'Est de la région et à la relier à l'Italie ne voit pas le jour? Non, bien sûr. Le Serpent de mer à la silhouette d'acier ondulante va refaire surface. Mais où?

@email

  • LE BILLET