Président de Photonics Bretagne depuis décembre 2016, Benoît Cadier a le sourire. Responsable du site de Lannion de la société iXblue Photonics, il vient d'inaugurer le Photonics Park, la première tranche d'investissement du cluster breton dédié à la fibre optique. « Grâce aux partenaires publics qui ont compris l'importance de la filière de la photonique en Bretagne, notamment Lannion Trégor Communauté qui nous loue ce nouveau bâtiment, nous passons dans une nouvelle dimension. Avec cette tour de fibrage, nous montons en compétences puisque nous sommes désormais capables de tester et produire des fibres complexes à grande échelle. C'est un outil unique en France qui présente la particularité de réunir, dans un lieu unique, le monde de la recherche, de la formation et des entreprises. Le transfert de technologie est ici une réalité quotidienne. »
Une tour qui appelle d'autres investissements
Dans un écosystème déjà bien fourni dans l'Hexagone, Photonics Bretagne présente cette particularité de rassembler sur un même lieu une grappe d'entreprises mais aussi une plate-forme technique. « Nous sommes à la croisée d'un laboratoire de recherche fondamentale et d'un pôle de compétitivité, précise David Méchin, directeur de l'association (13 salariés, 1 million d'euros de budget dont 300.000 euros de chiffre d'affaires). Notre force est d'être présidés et gouvernés par des chefs d'entreprises, acteurs impliqués sur leur territoire et dans leur secteur, qui ont compris l'intérêt économique de créer ce Photonics Park dans le Trégor. » Au-delà de cette tour de fibrage, construite en moins de 18 mois, sur l'ex-site de Nokia-Alcatel, le projet comporte des investissements matériels importants. « Globalement l'enveloppe consacrée entre 2016 et 2020 va dépasser 4,5 millions d'euros. C'est nécessaire pour conserver ce temps d'avance qui fait la force de Lannion depuis de nombreuses années. »
Un centre dédié aux fibres de demain
Née dans la foulée de l'éclatement de la bulle télécom, Photonics Bretagne a su démontrer, par ses actions, que le bassin trégorrois disposait aujourd'hui de compétences uniques au monde dans le domaine de la photonique. « Cette technologie va, comme l'électronique, faire son entrée partout avec des applications au-delà des télécoms. La défense, les énergies renouvelables et même l'agroalimentaire sont des secteurs déjà clients, ou prospects, de la fibre. » Pas question toutefois pour le cluster de concurrencer les métiers historiques de ses adhérents. « On se tirerait une balle dans le pied, confirme Benoît Cadier. L'idée est bien de positionner Photonics comme la référence en matière de R & D externalisée afin de faire le lien entre la recherche fondamentale et le monde économique dans une logique de transfert technologique. » En clair, pas question de produire des kilomètres de fibres classiques mais bien de codévelopper les produits techniques de demain. « Nous avons un réel savoir-faire en la matière, ajoute David Méchin. Des industriels à travers le monde font déjà appel à nos compétences et force est de constater qu'avec cette tour de fibrage, de dernière génération, nous séduisons encore plus. »
Des projets collaboratifs au service des entreprises
Financé à 40 % par les pouvoirs publics, Photonics Bretagne doit notamment vendre ses prestations pour développer ses capacités financières. « Nous sommes capables de réaliser des travaux de sous-traitance mais l'objectif est plus d'amplifier le développement des usages de la fibre tour en attirant des entreprises en Bretagne. » Avec 30 % de recettes propres, le cluster parvient aujourd'hui à équilibrer ses comptes en répondant à des appels à projets. « L'un des plus emblématiques en cours est la collaboration Efflam qui voit Photonics et iXblue collaborer ensemble sur des fibres techniques intégrées dans des amplificateurs télécom de Keopsys, revendus à Ekinops. Du 100 % Lannion. »