C'est une première dans l'Hexagone : la région Hauts-de-France bénéficie depuis moins d'un an d'un commissaire spécial pour la revitalisation et la réindustrialisation, en la personne de Philippe Vasseur. « L'idée est née de la rencontre d'un ministre de l'économie (ndlr : Emmanuel Macron à cette époque) et d'un président de région (ndlr : Xavier Bertrand) : ils voulaient créer un point de rencontre entre l'État et la Région. C'est comme ça qu'est née cette mission », raconte l'ancien président de la CCI de région Nord de France.
Des politiques de filières
C ette mission, Philippe Vasseur la définit en trois points : conforter ce qui existe, le développer et attirer de nouvelles forces en région. « Depuis le lancement de cette mission, j'ai fait l'objet de 98 sollicitations directes, émanant d'entreprises la plupart du temps, même si je travaille aussi avec les collectivités », explique-t-il. Il sourit : « Je n'ai ni baguette magique, ni potion magique. Je suis là pour faciliter, accélérer et alléger des démarches qui prennent du temps ». Il précise : « Quand je parle de conforter l'existant, je ne suis pas là pour les entreprises en difficultés mais pour prendre bien en amont des situations qui s'annoncent difficiles ». Mais c'est surtout sur le fait de développer l'existant que le commissaire insiste : « On parle toujours des entreprises qui s'implantent, mais ce développement exogène ne représente que 10 % du développement économique de la région, contre 90 % pour l'endogène ». Pour accélérer ce dernier, Philippe Vasseur mise sur des politiques de filières. Par exemple, une filière méthane est actuellement en cours de développement, avec Grdf, pour faire des Hauts-de-France « la première région d'Europe de production de biogaz injecté et accélérer en termes de fournitures car aujourd'hui le matériel dans ce domaine vient d'Allemagne », souligne Philippe Vasseur. Une autre politique de filières est également en développement autour du grand carénage de la centrale nucléaire de Gravelines, qui représente un investissement de 4 milliards d'euros. Baptisée Nucléi, cette politique ambitionne que 25 à 35 % du montant investi reviennent aux PME de la région. « Les PME ne savent pas forcément se lancer dans les procédures de certifications nécessaires ni même répondre aux appels d'offres », constate Philippe Vasseur. Une autre des priorités de ce commissariat sera de créer une filière PME du ferroviaire dans les Hauts-de-France, qui réunit 40 % des emplois du ferroviaire en France. Pour développer l'existant, Philippe Vasseur mise également sur une politique d'expérimentations : « Nous sommes en train d'en lancer une avec Transdev, qui concerne la mobilité d'un territoire mal desservi », indique le commissaire.
Un contrat unique d'implantation
Enfin, pour attirer de nouvelles forces en région, le commissariat a mis en place un " contrat unique d'implantation " avec Nord France Invest, une initiative unique en France. Il s'agit d'une feuille de route comprenant une vision globale de la région et de toutes les démarches qui doivent être faites avant de s'y implanter, comme les fouilles archéologiques par exemple... Le commissariat en a fait l'usage pour la première fois début avril dans l'Artois pour un projet d'implantation sur lequel il n'est pas encore possible de communiquer.