Petroplus : L'UMP fait jouer ses réseaux patronaux bretons
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Petroplus : L'UMP fait jouer ses réseaux patronaux bretons

Sauvetage industriel. Deux patrons morbihannais jouent des coudes pour permettre le rachat, stratégique et symbolique, de la raffinerie normande Petroplus.

Deux Bretons vont-ils permettre de sauver les 900 emplois concernés par la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne en Seine-Maritime? La date butoir du 30 avril liée aux dossiers de reprise vient de filer. Subissant depuis le 25janvier le redressement judiciaire de sa maison-mère suisse, le site est dans l'attente d'un repreneur. Face à ce dossier hypermédiatisé, les candidats se bousculent. Candidats à l'élection présidentielle puisque tous les compétiteurs du premier tour ont été conviés au chevet de Petroplus - à l'exception de Marine Le Pen. Mais aussi candidats repreneurs puisque près de 25 marques d'intérêt ont été déposées. Certaines, fantaisistes : des agents de footballeurs attirés par une commission, par exemple.




1,4 milliard de francs suisses

Une dizaine de propositions sont considérées comme plus sérieuses, comme celle de Gary Klesh, par exemple. Deux Morbihannais adhérents de la CGPME, Charles Ménoret et Alain Delmas sont pour leur part prêts à mettre 1,4milliard de francs suisses (environ 1,2milliard d'euros) sur la table. Ces deux proches de l'UMP, qui ont leurs entrées au cabinet de Nicolas Sarkozy ou chez le ministre du Travail Xavier Bertrand, disposent d'un mandat exclusif du consortium américain Gem Group qui souhaiterait prendre 30% du capital de la holding Petroplus. Au total, Petroplus emploie 2.500 personnes. En plus du site normand, Petroplus recensait du temps de sa splendeur quatre autres raffineries à Anvers, Cressier (Suisse), Coryton (Grande-Bretagne) et Ingolstadt (Allemagne). Comment un patron de petite radio associative (Alain Delmas) et un imprimeur Lorientais (Charles Ménoret) ont-ils été amenés à se saisir d'un dossier d'ampleur européenne? «Les Bretons ont toujours été à la pointe du monde, vous les trouvez partout», commente Charles Ménoret. «J'ai été pendant 15ans au conseil d'administration du groupe Chargeurs, cela crée des amitiés.» Alain Delmas, lui, constate qu'il a été souhaité sur ce dossier «des gens sérieux mais qui soient aussi en dehors des circuits habituels, pour éviter les effets de routine.»




Pays de l'est en embuscade

Charles Ménoret affirme que «si on nous avait laissé faire, il y a longtemps que le dossier Petroplus aurait été réglé. Nous avons déposé trois offres successives: 600millions de francs suisses, 1milliard puis finalement 1,4milliard. En dépit de tout cela, ils ont choisi de laisser traîner et se sont mis en redressement judiciaire. Alors que nous sommes au coeur des enjeux énergétiques européens.» Les pays de l'est sont d'ailleurs en embuscade. Gunvor, dirigée par le proche de Vladimir Poutine Guennadi Timtchenko, vient de racheter le site Petroplus d'Anvers tandis que les 170 pompes du premier réseau de distribution suisse ont été récemment acquises par la Socar (Azerbaïdjan). Petroplus est aussi observé par des géants des travaux publics consommateurs de bitume comme Eurovia/Vinci ou Colas (Bouygues).



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