Petroplus : Le préfet siffle « la fin de la récré »
# Conjoncture

Petroplus : Le préfet siffle « la fin de la récré »

À l'issue du Comité de pilotage du 17 octobre dernier, le préfet de région a souhaité clore le débat sur la reprise de l'activité de raffinage à Petit-Couronne. La priorité de l'État et des collectivités est d'assurer aujourd'hui le « repositionnement » du site de Petroplus.

« Je ne peux pas admettre que l'on entretienne le rêve chez les salariés face à des repreneurs qui ne sont pas sérieux ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que le préfet de région Pierre-Henri Maccioni ne croit plus à l'arrivée d'un repreneur providentiel pour la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, dont la liquidation a été prononcée il y a tout juste un an. Pas plus le préfet, d'ailleurs, que le liquidateur judiciaire, Maître Béatrice Pascuale. À l'issue du comité de pilotage qui s'est tenu à la préfecture de région le 17 octobre dernier, le préfet et le liquidateur ont donc souhaité faire une mise au point. Tant sur les possibilités de repositionnement du site que sur les offres de reprises soutenues par une partie des anciens salariés du site, au premier rang desquels Yvon Scornet, l'ex-représentant de l'intersyndicale de Petroplus. Pour le préfet, la messe est dite : « on peut le regretter, mais il n'y a pas de repreneur sérieux. À partir de là, nous devons parler de repositionnement industriel cohérent ; et si nous n'y arrivons pas, nous irons très rapidement à la friche ! »




« Je n'ai reçu qu'une seule offre

» Petit retour en arrière : la procédure collective ouverte en janvier 2012 avait abouti au prononcé de la liquidation le 16 octobre de la même année. Décision confirmée le 16 avril dernier. Ors, depuis cette date, affirme Béatrice Pascuale, « je n'ai reçu qu'une seule proposition, émanant de Murzuq Oil (le 4 juillet 2013) ». Une offre jugée incomplète car de même nature que celle refusée plus tôt par le tribunal de commerce, précise le liquidateur. Offre assortie de surcroît d'un engagement financier de la société Hyundai Elevator au profit du libyen Murzuq Oil pour le moins ambigu, qui ressemble à « tout sauf à une lettre de garantie ». Le dossier sera complété le 18 septembre d'une attestation de la Sahara Bank, décrit Béatrice Pascuale, qui dit que celle-ci « ne s'oppose pas à l'émission d'une lettre de garantie au profit de Hyundai Elevator... Si celle-ci est intégralement contre-garantie par Murzuq Oil ! » Sans compter que le candidat subordonne la remise des pièces justificatives, notamment financières, à l'acceptation préalable de l'offre : « j'achète et après je demande les autorisations, résume le liquidateur. C'est l'inverse de ce que demande el droit français ! » Le reste est à l'avenant, voire pire s'agissant du énième repreneur toujours soutenu par Yvon Scornet, un certain M. Nzita, agissant pour le compte de la société Esperanza dont l'un des dirigeants n'est autre que la fille du président Angolais Jose Dos Santos. Un candidat prétendant détenir 500.000€ qui présentera au liquidateur un tableau d'amortissement... Réalisé sur le simulateur d'un site belge de prêt à la consommation.




« Trois pistes sérieuses »

Alors pourquoi rendre ces documents publics seulement maintenant ? « Nous voulions amener M. Scornet à la raison, explique le préfet, pour qu'il nous aide dans le projet de repositionnement industriel ». Aujourd'hui, « il est temps de siffler la fin de la récré ! » D'autant que le calendrier contraint les acteurs de ce dossier. La mission de la cellule liquidative doit prendre fin théoriquement le 19 novembre. Toute poursuite -indispensable selon maître Pascuale- nécessiterait donc une réalisation rapide des actifs, ce à quoi travaille également le coordinateur Guillaume Prunier, mandaté par la préfecture et qui a sollicité en quelques mois pas moins de « 600 entreprises en France et à l'étranger ». Résultat des courses, trois pistes qualifiées de sérieuses dont une « d'envergure dans le domaine de la chimie verte et des bioplastiques ». L'implantation d'une start-up technologique dans le domaine du traitement des effluents liquides est également sur les rangs, tout comme un projet d'unité de production de biodisesel à partir de plastiques usagés. Toutes seraient des implantations partielles.









Guillaume Ducable

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