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Petroplus et « la France de 2030 »
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Petroplus et « la France de 2030 »

La longue agonie judiciaire de Petroplus aura révélé, au choix, l'impuissance des pouvoirs publics face à une désindustrialisation plus inéluctable que jamais, ou au contraire le poids des élus dans cette course contre-la-montre à l'issue fatale. Tous les salariés de Petroplus gardent en mémoire le ballet des candidats à l'élection présidentielle devant les grilles de l'usine de Petit-Couronne. C'était il y un an. Du soutien non feint des élus locaux aux promesses difficiles à tenir, la frontière était mince. La liquidation du site, elle, est devenue réalité. Si l'intersyndicale de Petroplus reconnaît l'engagement d'un certain nombre d'élus, notamment celui du député Guillaume Bachelay (PS) pour trouver une issue à ce dossier, le discours des salariés est aujourd'hui plus amer. Reçu en délégation au Conseil régional à l'occasion de la visite de Ségolène Royal (BPI) le 19 avril dernier, l'un d'entre eux lâchait dépité ! « malgré les discours, l'État n'a jamais été derrière nous ! » La question est : que pouvait-il faire de plus ? Nationaliser ? La stratégie Montebourg a depuis plusieurs mois déjà été remisée au placard. Finalement, c'est peut-être le directeur général de la Banque Publique d'Investissement (BPI) Nicolas Dufourcq qui, symbole de la cacophonie au sommet de l'Etat, résume le mieux la situation lorsqu'il déclare : « notre agenda, c'est la France de 2030. Petroplus, est-ce la France de 2030 ? ». Des propos aussitôt condamnés par la porte-parole de l'institution, Ségolène Royal elle-même, comme par l'ensemble des élus locaux, Guillaume Bachelay en tête. Mais pouvait-il en être autrement...



Guillaume @email

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