La distillerie Persyn, historiquement installée à Houlle depuis 1812, est la dernière à fabriquer de manière artisanale et authentique du genièvre. « Nous sommes les derniers 200 % français, artisans d'un produit noble », expose Jean-Noël Persyn, à la tête de la distillerie. C'est cet argument qui l'a poussé vers la labellisation de son breuvage, un label IGP Flandre Artois. La dénomination Genièvre Flandre Artois en Indication Géographique est réservée à la boisson spiritueuse produite selon les règles définies par un cahier des charges bien précis. C'est bien l'association des termes Genièvre, Flandre et Artois qui sera protégée. Les produits pourront toujours être commercialisés sous les marques existantes. Le cahier des charges montrant le lien du produit avec son territoire d'origine a été établi avec l'aide du Groupement Qualité Nord-Pas-de-Calais.
50.000 bouteilles à Houlle
Il ne reste actuellement que deux distilleries de genièvre dans le Nord de la France : celle de Houlle et la distillerie Claeyssens de Wambrechies (depuis 1817), qui commercialise les genièvres de Loos et de Wambrechies, mais aujourd'hui avalée par un groupe belge. À Houlle, ce sont chaque année 50.000 bouteilles qui sont produites dans cette distillerie familiale qui compte six salariés et reste dirigée par deux frères, Jean-Noël et Hughes Persyn. Si le genièvre de Houlle vient de fêter son bicentenaire et revendique une fabrication artisanale, une distillerie à échelle humaine, elle ne va pas contre la modernité et ses projets sont résolument tournés vers l'avenir.
Export
Le genièvre de Houlle se vend principalement directement à la distillerie (15 à 20 %), mais le produit s'exporte un peu dans les pays limitrophes tels que la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. Il est principalement distribué chez les cavistes et épiceries fines locales et nationales. Rien qu'à Paris on dénombre 15 points de vente. Reste maintenant pour la famille Persyn à développer l'export. « Le problème du genièvre, c'est qu'il n'est pas connu universellement », explique Jean-Noël Persyn. Produit de niche, le genièvre a cependant le don de se faire remarquer. La distillerie a actuellement un contact avec la Chine qui s'intéresse au produit, curieux de le découvrir et de le faire venir jusqu'à lui...
Conquérir un nouveau public
Pendant longtemps, le genièvre a été considéré comme l'alcool du mineur puis consommé comme digestif. Aujourd'hui, son mode de consommation change. La distillerie s'adapte et tente de conquérir de jeunes consommateurs en leur proposant des boissons apéritives fruitées à base de genièvre et projette encore de développer des recettes de cocktails. Et grâce aux restaurateurs, le genièvre a fait son entrée dans les cuisines et on l'intègre dans les mets. En 200 ans, la distillerie a connu des hauts et des bas, mais elle a toujours su rebondir et s'adapter. « Nous sommes conscients qu'il ne faut pas rester sur ses acquis. » Outre le développement à l'export, et la conquête des jeunes consommateurs, Jean-Noël Persyn songe de plus en plus à la vente en ligne. L'obtention du label IGP ne sera qu'un plus pour protéger et valoriser le spiritueux.
Distillerie 200 ans pour le genièvre de Houlle mais pas une ride. Au menu : des contacts en Chine, un intérêt pour la vente en ligne, et une labellisation IGP.