Côtes-d'Armor
Pénalisé par la baisse du prix du porc, Cooperl veut investir dans la durabilité de la filière
Côtes-d'Armor # Agroalimentaire # Stratégie

Pénalisé par la baisse du prix du porc, Cooperl veut investir dans la durabilité de la filière

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La coopérative agroalimentaire Cooperl, malgré une chute des prix du porc qui a affecté son chiffre d’affaires, continue de privilégier des démarches responsables pour renforcer la durabilité de la filière. Entre le respect de l’environnement, l’investissement dans l’innovation et la prise en compte du bien-être animal, Cooperl veut être reconnu comme un acteur exemplaire du secteur.

Porcs — Photo : Cooperl

La coopérative costarmoricaine agri-agro Cooperl a présenté ses résultats de l’exercice 2024.

Au cours d’une année marquée par la baisse de la production de porcs en France, Cooperl a maintenu ses volumes d’activité avec près de 4.4 millions de porcs abattus. La diminution des prix du porc en élevage (environ — 10 % sur un an) s’est en revanche répercutée sur le chiffre d’affaires de la coopérative, qui s’est établi à 2,7 milliards d’euros, en baisse par rapport à celui de 2023, qui s’était élevé à 2,92 milliards d’euros.

Le résultat net fortement impacté

Le résultat net est au diapason, étant passé de 16,4 millions d’euros en 2023 à 6,28 millions d’euros l’année dernière. "26 millions d’euros de plus-values qualité ont été payés aux adhérents grâce à nos cahiers des charges spécifiques, comme le bio, sans antibiotique, Label Rouge…", précise Bernard Rouxel, président.

"L’amélioration de la durabilité de la filière reste au cœur de la stratégie de Cooperl, à travers deux axes phares, précise-t-il. La première est l’environnement. Cette année, les porcs issus de la démarche « Porc Bien-Être » ont obtenu la reconnaissance officielle de porc à impact carbone réduit par l’Ademe et l’Inrae." Cet impact est 8,6 % inférieur à celui d’un porc conventionnel moyen français.

93 % des éleveurs ne castrent plus les porcelets

Le deuxième axe fort annoncé par la coopérative, dont le directeur général est Emmanuel Commault, est le bien-être animal. "Cooperl a lancé en 2013, la production de porcs mâles entiers. Aujourd’hui 93 % de nos éleveurs ne castrent plus les porcelets, un volume en constante progression. D’autres avancées sont à souligner comme l’arrêt progressif de la coupe des queues", met en avant le dirigeant du groupe qui compte 4 530 éleveurs adhérents et emploie 7 500 collaborateurs, dont 4 700 en Bretagne. Parallèlement, 55 % des éleveurs s’inscrivent dans la démarche "Porc sans antibiotique".

Le programme RSE de Cooperl, baptisé Solutions 2030, compte au total 12 engagements.

Une dixième branche d’activité créée

Cooperl possède dix branches "spécialisées et interconnectées", de l’élevage à la distribution en passant par la fabrication de produits de consommation principalement à base de porc, sous ses marques Jean Caby, Madrange, Paul Prédault, Brocéliande… La dixième branche, baptisée Cooperl Ingrédients, a été créée en 2024 et est spécialisée dans l’extraction d’ingrédients fonctionnels, nutritionnels et pharmaceutiques à partir des coproduits carnés du groupe.

Cooperl revendique être le premier fabricant de produits à base de porc en France et le premier abatteur de viande porcine. Un tiers de la production de viande de porc de la coopérative est vendu à l’export.

75,5 millions d’euros investis en 2024

La coopérative poursuit ses investissements (75,5 M€ en 2024 contre 48,5 M€ un an plus tôt) dans les exploitations agricoles et les plus de 30 sites industriels français (usines et plateformes logistiques) de la coopérative. Par exemple, 30 millions d’euros ont été investis en 2024 dans les abattoirs de Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine, et Lamballe-Armor. Cooperl investit également dans l’innovation et notamment un méta-programme baptisé Iris, qui vise à l’avènement des fermes intelligentes.

La coopérative fêtera l’année prochaine ses 60 ans.

Des robots fendeuses de carcasses ont été installés en 2024 dans l’abattoir Cooperl de Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine, pour un investissement total sur le site de 15 millions d’euros — Photo : Cooperl

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