"Faire baisser la température des actifs et assurer la durabilité." C’est l’objectif recherché par Marc Wendling, directeur financier et gestion d’actifs du groupe CAM, mutuelle et assurance des professionnels du BTP, de l’industrie, du commerce et des services basée à Strasbourg, avec l’acquisition de la forêt de Barville en Moselle, au mois de mai dernier.
Une rentabilité comprise "entre 5 et 7 %"
Avec un chiffre d’affaires de 235 millions d’euros en 2024, le groupe CAM emploie 250 salariés. Si le montant de l’investissement pour la forêt de Barville est confidentiel, le directeur financier indique que le prix à l’hectare lors de l’acquisition était "légèrement supérieur à la moyenne nationale". En France métropolitaine, ce montant est de 15 000 euros. Marc Wendling anticipe une rentabilité de l’investissement comprise "entre 5 et 7 %" de la valeur initiale d’investissement.
Détenue par deux familles avant l’acquisition par le groupe CAM, la forêt de Barville, qui s’étend sur 195 hectares, est la seconde acquise par le groupe en moins d’un an, après l’achat du Bois de la Reculée, dans la Meuse, en juillet 2024.
"Ce sont des opportunités que nous avons saisies car elles étaient intéressantes pour la diversification de nos portefeuilles. Mais aujourd’hui, nous n’avons pas de priorité ou de stratégie précise sur ce type d’investissement. Nous ne nous sommes pas lancés dans une course à la surface", précise le directeur financier. Au total, le groupe assureur possède plus de 300 hectares de forêts dans le Grand Est.
Aller vers un portefeuille à "2°C"
L’acquisition de ces deux forêts illustre la structuration du groupe dans une démarche globale de décarbonation de ses actifs. "La température de nos actifs, c’est-à-dire la contribution de nos actifs au réchauffement climatique en cours, est d’environ 2,5°C aujourd’hui contre 3,2°C il y a trois ans. Nous faisons le maximum pour tendre vers un portefeuille de 2°C", explique Marc Wendling.
Avec un portefeuille d’actif de 1,6 milliard d’euros, le Groupe CAM a décidé de limiter les univers d’investissements possibles du groupe, en incluant la durabilité au côté du classique rendement-risque pour ses choix d’investissements. "Notre premier objectif aujourd’hui est d’avoir des actifs pérennes. Nous ne possédons aucun investissement dans l’industrie chimique, l’automobile ou les hydrocarbures. Ce sont des investissements qui n’entrent pas dans notre logique de durabilité".
Vers des synergies avec les acteurs économiques du territoire
Plus de 10 % des biens du groupe sont aussi des actifs immobiliers, dont les forêts font partie, soit environ 160 millions d’euros. "C’est une tradition dans le groupe, nous tenons à conserver une part d’actifs immobiliers, non liquide et bien tangible. Les forêts ont donc un double avantage : faire baisser la température totale de notre portefeuille tout en s’inscrivant dans notre évolution."
À plus long terme, le directeur financier envisage une possible orientation d’investissements dans la filière bois du Grand Est. "Nous cherchons à développer les synergies et la coopération entre les acteurs économiques du territoire", indique Marc Wendling.