Pauporté : La marque de prêt-à-porter relève le défi du web
# Textile et mode

Pauporté : La marque de prêt-à-porter relève le défi du web

Un an après avoir repris Pauporté au Coteau, l’équipe de Daniel Brechignac, veut donner un coup d’accélérateur au développement de l’entreprise. Objectif : se renforcer sur un marché du textile en pleine restructuration.

« Oui, c’est vrai, nous sommes sur un marché qui est aujourd’hui un peu en difficulté du fait de la baisse du panier moyen de la ménagère. Oui, c’est vrai, le textile roannais a été très secoué ces dernières années. Beaucoup d’entreprises ont disparu. Mais quel secteur d’activité peut affirmer qu’il ne connaît pas, ou ne connaîtra pas de difficultés dans les années à venir ? ». Daniel Brechignac est catégorique. Le textile français, y compris dans le Roannais, n’est pas condamné. Loin s’en faut mais le secteur doit accepter d’évoluer.

Daniel Brechignac a repris Pauporté, au Coteau, en avril 2011, avec Dominique Becker et Michel de Saint-Blanquat.




Comme du papier à musique
« Notre équipe s’était constituée en 2010 autour de la reprise de Quelle à la barre du tribunal de commerce. Nous avions réussi à lever plus de 6 millions d’euros de fonds mais 3Suisses international est passé en force ! C’est dommage ! » se souvient l’homme, avec un certain regret.

Lancés sur la voie de l’entreprenariat, les 3 hommes ont alors décidé de se mettre en quête d’une entreprise à reprendre. Une entreprise de textile exclusivement. « J’ai des racines à Roanne mais c’est le hasard qui a mis Pauporté sur notre chemin », sourit Daniel Brechignac. « L’entreprise était en excellente santé avec deux cibles : la femme de plus de 50 ans toujours active et bien inscrite dans la modernité, et la femme, plus âgée et plus classique. L’entreprise était réglée comme du papier à musique ». L’achat des marchandises, la conception, la gradation des tailles du 38 au 54 sont réalisés depuis le site du Coteau. La production étant, elle, délocalisée en Bulgarie essentiellement.

Sur un marché où la distribution est en pleine restructuration, les trois hommes ont décidé, aujourd’hui, d’accélérer le rythme.




De 470 à 550 boutiques
Les collections Pauporté sont distribuées, en France, par un réseau de 470 boutiques indépendantes multimarques. « Il y a un potentiel de 2.000 boutiques. En restant raisonnable, il faudrait que nous montions à 550 boutiques dans les deux ans à venir », annonce Daniel Brechignac. Mais pas question, a contrario de plusieurs de ses confrères, d’ouvrir des boutiques en nom propre. « D’une part, le moment n’est pas propice à des investissements d’une telle ampleur et d’autre part, nous croyons fermement à l’intérêt des distributeurs multimarques. Dans ces boutiques, les marques se nourrissent mutuellement et déclenchent l’intérêt de la consommatrice ».

À l’export, les trois repreneurs comptent bien, là aussi, appuyer sur le champignon. Présente au Royaume-Uni, en Belgique, au Canada…, la PME costelloise ne réalise aujourd’hui que 10 % de son chiffre d’affaires en dehors de l’hexagone. « Il est certain que la croissance du textile, aujourd’hui, se fait plus à l’international qu’en France. Pour être vraiment solides, il faudrait que nous atteignions les 35 % du CA à l’étranger », déclare, sans détour, Daniel Brechignac.

Mais si les trois hommes concentrent leurs efforts sur les boutiques multimarques, ils savent que les modes de distribution évoluent. Un investissement important, plus de 100.000 euros, a été consenti par PB distribution (filiale de la holding de reprise de Pauporté, Seniors chic), il y a quelques semaines, pour le lancement d’un site internet : www.chicadine.fr. Il s’agit d’une e-boutique multimarques, proposant des ventes promotionnelles destinées à la même cible que Pauporté. « Nous n’avons pas souhaité ouvrir un site avec nos seuls articles. Nous sommes trop petits pour susciter, seuls, l’intérêt de l’internaute. Nous sommes vraiment convaincus que le mutimarques a de l’avenir ». Quatre personnes ont d’ores et déjà été recrutées, au Coteau, pour assurer la logistique. « Nous avions un process logistique pour les détaillants. Nous l’avons adapté pour les commandes du grand public, pour le BtoC. Tant que nous le pourrons, nous nous développerons ici. Ceci étant, il est vrai que le marché est très encombré. Le démarrage est plus long que ce qu’on attendait. On espère entre 150.000 et 300.000 euros de chiffre d’affaires cette année ».

Daniel Brechignac évoque la possibilité d’associer des concurrents à cette aventure en ligne.




Seniors chic (Le Coteau)
Président : Daniel Brechignac
Effectif : 48 salariés
Chiffre d’affaires 2010/2011 : 7,5 millions d'euros
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