Le créateur
Pierre Ansay a fondé Pasithea à Rennes en janvier 2023. La SAS au capital de 9 000 euros est issue d’un programme de recherche mené par deux laboratoires de l’Inserm. L’un est basé à Rennes, dirigé par Alfredo Hernandez, le LTSI, qui héberge Pasithea, et l’autre est basé à Grenoble, dirigé par Jean-Louis Pepin. La start-up rassemble ainsi une équipe de 4 collaborateurs chercheurs en sommeil ou ingénieurs en traitement de données, autour de Pierre Ansay, lui-même ingénieur en électronique. Il a d’ailleurs créé plusieurs start-up dans le domaine du sommeil en Belgique.
Le projet
Pasithea a pour mission de développer, commercialiser et distribuer un dispositif médical innovant de traitement des troubles du sommeil. "Nous mettons au point un appareil thérapeutique contre l’apnée du sommeil, précise Pierre Ansay, PDG de Pasithea. Nous voulons apporter une nouvelle réponse aux 425 millions de patients atteints de cette pathologie dans le monde." Un homme sur deux de plus de 50 ans en souffrirait. "Or, c’est un mal chronique pour lequel il n’y a pas de médicament. Mais il peut provoquer des problèmes graves comme de l’hypertension, des maladies cardiaques, etc." Le traitement repose actuellement sur d’autres dispositifs difficiles d’utilisation, dont un masque à pression positive (à porter toute la nuit), ou un système invasif (orthèse mandibulaire à placer dans la bouche). "Notre approche consiste à détecter l’apnée, puis à stimuler le patient en créant un réflexe sursaut derrière l’oreille de manière mécanique, arrêtant l’apnée", détaille Pierre Ansay. Le patient n’aurait plus qu’un bandeau ou un patch pour dormir. Une révolution en la matière, et pour laquelle Pasithea a déposé 9 brevets. La start-up a levé 200 000 euros en love money pour son prototype, encore en phase de test.
Les perspectives
"Nous avons besoin maintenant de réaliser une levée de fonds plus importante, d’environ 1,8 million d’euros", annonce Pierre Ansay. Cet argent doit permettre à Pasithea de perfectionner son appareil, de cerner les patients prioritaires à adresser et les indications. Il a besoin pour cela de recruter quatre personnes supplémentaires en R & D, spécialisées en mesure, traitement de signal, développement électronique. Une phase qui prendra environ deux ans, puis une nouvelle étape de démarches pour obtenir le marquage CE nécessitera 18 à 24 mois. "Le produit final devrait sortir dans quatre ans", estime le dirigeant. Il sera mis à disposition des patients sur abonnement, générant des revenus récurrents pour l’entreprise, qui proposera un suivi des données en temps réel. Dès 2028 et la phase d’industrialisation, Pasithea vise les 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires, puis 3,6 millions en 2029.