Paprec Énergies (16 000 salariés et 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires) vient de proposer une innovation à son partenaire de longue date, le Sittom-Mi (le syndicat intercommunal pour le transfert et le traitement des ordures ménagères du Morbihan intérieur), gestionnaire de l’usine de valorisation énergétique de Pontivy.
Il s’agit de l’installation d’un système permettant de capturer la moitié du CO2 fossile émis par l’usine, soit 10 000 tonnes de CO2, l’équivalent des émissions annuelles de 1 450 personnes. Ce projet d’innovation, qui s’inscrit dans une démarche de décarbonation industrielle, repose sur l’utilisation de technologies avancées déjà employées dans des secteurs comme les cimenteries et les aciéries.
Un gaz carbonique revendu aux industriels
Le processus de captation commence par la dissolution du CO2 dans un solvant, avant de passer par des étapes de compression et de liquéfaction. Ce traitement permet d’éliminer l’oxygène et de produire un CO2 pur à 99,9 %, de qualité alimentaire. Ce CO2 capté sera ensuite vendu sous forme liquide et utilisé par des industriels, par exemple pour remplacer des énergies fossiles dans la gazéification des sodas ou pour l’injection dans des serres maraîchères, favorisant ainsi l’augmentation de la production.
Mise en service en 2027
Ce projet, qui devrait être mis en service au printemps 2027, participe à l’économie circulaire et à la décarbonation de l’économie, tout en renforçant l’autonomie énergétique des territoires. L’investissement atteint 80 millions d’euros pour la collectivité, gestionnaire de l’équipement, qui mobilise cette somme pour la modernisation complète de l'usine existante ; 15 % de cet investissement est consacré à la captation de carbone.
Pour le groupe Paprec, il s’agira d’une première en France. Une seule usine de valorisation énergétique, en Europe, est équipée d’un tel procédé. Elle est située aux Pays-Bas.