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Ouest : Pourquoi ces dirigeants investissent dans la recherche
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Ouest : Pourquoi ces dirigeants investissent dans la recherche

De nouveaux mécènes rejoignent le cercle du Fonds Bretagne Atlantique Ambition (BAA) qui soutient des chercheurs de l'Institut des neurosciences cliniques de Rennes (INCR). Ces chefs d'entreprise apportent 500.000 euros supplémentaires sur cinq ans, après un premier tour de table d'1,5 million d'euros. Tous partagent des convictions fortes.

Ils sont six dirigeants d'entreprise à rejoindre le cercle des mécènes du fonds de dotation Bretagne Atlantique Ambition (BAA) : René Ruello (Stade Rennais Football Club), Joël Renault (Delta Dore), Guy Sauvadon (BMW-Huchet), le commerçant malouin Philippe Bessec (La Découverte Expansion), Daniel Jeulin (groupe immobilier Jeulin), et Gérard Bayol (Arkea Banque Entreprises et Institutionnels). Ensemble, ils apportent 500.000 euros supplémentaires sur cinq ans au fonds qui comptait déjà 1,5 million d'euros de dotations grâce aux mécènes historiques autour du tandem Roland Beaumanoir - Christian Roulleau.

Un atout pour les chercheurs

Un objectif commun : soutenir la recherche médicale dans l'Ouest via des bourses attribuées aux chercheurs eux-mêmes pour leurs travaux en lien avec le service des professeurs neurologues Gilles Edan et Marc Vérin (CHU de Rennes), entre autres. Leur premier financement va à l'INCR, l'Institut des neurosciences cliniques de Rennes, qui travaille sur les maladies neuro-dégénératives comme Parkinson, la sclérose en plaques... Les chercheurs y voient un moyen de financer différemment leurs travaux. "Les dossiers de subvention sont très légers, il y a une liberté et une confiance. Nous pouvons construire sur une échelle de moyen terme et en étant beaucoup plus attractifs, avec des contrats de quatre ans très rares, pour pouvoir attirer les meilleurs chercheurs notamment étrangers", souligne Pierre Jannin, directeur de recherche à l'Inserm (Rennes). Comme ses confrères, il est plus habitué à chercher des subventions d'une année sur l'autre. Deux fois par an, ils viennent rendre des comptes à BAA. Leurs derniers travaux portent sur un modèle de prédiction d'effets thérapeutiques et une plateforme logicielle d'aide à la décision, notamment par la 3D, pour les neurochirurgiens. Utilisées à Rennes, ces solutions se diffusent actuellement à La Salpêtrière à Paris et en Norvège.

"Servir et participer"

Du côté des chefs d'entreprise investis, les motivations sont variées. René Ruello a été convaincu par la "traçabilité" et le suivi des financements. "Je sais où va l'argent que je mets." Joël Renault, qui voulait "revenir vers le médical" dont il était plus proche aux fondements de Delta Dore, veut aussi "servir et participer". Guy Sauvadon entend également "participer à un beau projet, simple, clair et transparent", tout en rappelant que "nous sommes tous confrontés à la maladie". "La santé touche tout le monde", ajoute Arnaud Jeulin. Le caractère local du fonds et son excellence ont touché Philippe Bessec.

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