Ouest Cornouaille : Une plateforme à Ti-Lipic ?
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Ouest Cornouaille : Une plateforme à Ti-Lipic ?

Les chargeurs de l'Ouest Cornouaille réfléchissent à la mise en place d'une plateforme logistique de consolidation à Pluguffan. Un enjeu crucial, alors que la loi LME fait grimper le coût des transports dans l'agroalimentaire.

Entrée en vigueur il y a deux ans, la loi de modernisation de l'économie n'a fait qu'aggraver le problème latent de la logistique dans l'Ouest Cornouaille. Comme elle cherche à diminuer ses besoins en fonds de roulement en raison de délais de paiement raccourcis, la grande distribution privilégie actuellement le stock zéro. Pour les chargeurs, cela veut dire plus de flux tendus et un morcellement des commandes. «Les coûts de transport explosent», s'inquiète Jean-Jacques Hénaff, qui a laissé les rênes du groupe familial de conserves à son fils cette année.




Coût au Kg trop élevé

Depuis une dizaine d'années, l'industriel breton «prêche dans le désert» sur les insuffisances logistiques du territoire et la nécessité d'une mutualisation du frais, du sec (50.000 tonnes de flux en Ouest-Cornouaille) et de la marée. De fait, l'éloignement engendre des difficultés, pour les entreprises à répondre aux salves de commandes de la grande distribution et à rejoindre les flux de transports quotidiens des circuits logistiques. Les ramasses ont lieu trop tôt ou alors elles sont abandonnées car non rentables. Le coût au kilogramme s'avère en général trop élevé. Et les marchés de l'Est et du Sud-Est sont finalement de moins en moins accessibles. Interpellé en mai2009, le Sioca (Syndicat intercommunautaire Ouest-Cornouaille Aménagement) a donc lancé un audit des entreprises de la pointe sud du Finistère. Une étude confiée au cabinet parisien Supply Chain Masters dont les premières conclusions ont été présentées au printemps 2010. «Un risque réel de délocalisation existe et menace directement l'économie locale», conclut Thierry Jouenne, l'auteur du rapport. Le cabinet préconise la création d'une plateforme logistique de massification à Ti-Lipig, près de Pluguffan, «au barycentre des flux entrants en sortants de Cornouaille». Cet espace multiproduits multifournisseurs de 6.000m², loué à un privé, serait capable d'accueillir du frais et du sec. Les chargeurs de Cornouaille et le Sioca travaillent actuellement à la mise en place d'une structure juridique (SAS ou GIE) pour porter le projet. Une association devrait également éclore entre chargeurs et collectivités locales. Le temps presse. «On souhaite démarrer avant la fin de l'année», insiste Jean-Jacques Hénaff.




L'enjeu: 20% d'économie sur les coûts de transport

Reste le nerf de la guerre: l'argent. Pour le sec, les travaux ne sont pas nécessaires. Mais pour le frais, il faudra investir. «Les chargeurs sont prêts à financer une partie», note Olga Ansellem du Sioca. L'État et la Région ont, eux aussi, été sollicités. Quinze entreprises parmi lesquelles Chancerelle, Hénaff et la Compagnie Bretonne du Poisson, des biscuiteries, cidreries, brasseries et torréfacteurs ont manifesté leur intérêt. D'autres ne sont pas prêtes. Ou peu intéressées. Soit elles mutualisent déjà leur transport entre sites industriels d'un même groupe en Bretagne, soit elles se considèrent trop éloignées de Pluguffan. Pour les autres, toute la question sera d'amortir les coûts de la plateforme. L'opération est donc expérimentale. «Si on veut qu'un maximum d'entreprises nous rejoignent y compris les petites, il ne faut pas un coût exorbitant. D'où l'importance des fonds publics. In fine, l'enjeu est de l'ordre de 20% d'économie des coûts de transport», souligne Jean-Jacques Hénaff.

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