Ossabois : Le bâtisseur touche du bois

Ossabois : Le bâtisseur touche du bois

Malgré la crise, Ossabois résiste grâce à l'habitat collectif, qui devrait prendre encore plus d'ampleur avec les nouvelles normes en matière d'économies d'énergie. En attendant, la PME se structure pour passer à terme de l'artisanat à l'industrialisation. Gilles Cayuela

Créée en 1981, Ossabois a connu une croissance progressive de son activité jusqu'à la fin des années 90. «Il y a 27 ans, la maison en bois apparaissait pour beaucoup comme un pari un peu fou. Il a fallu convaincre, apprendre à faire. On a eu des années difficiles», confie Pascal Chazal, P-dg et fondateur de l'entreprise. Spécialisée à l'origine dans la construction à ossature bois pour les maisons individuelles, la PME ligérienne s'ouvre en 1997 au marché de l'habitat collectif (résidence de tourisme et logement social). Un choix stratégique qui s'avère payant puisque l'entreprise voit son chiffre d'affaire progresser de manière significative au début des années 2000, avant d'enregistrer un pic de croissance de près de 100% entre2006 et2007. Croissance qui lui vaut d'être récompensée par la banque Palatine et La Tribune du prix national de l'ambition 2008.




Le collectif résiste à la crise

«Aujourd'hui, le collectif représente 70% de notre activité. On travaille de plus en plus pour les promoteurs privés et le logement social», indique le dirigeant. Une bonne nouvelle pour le bâtisseur qui a été frappé de plein fouet au deuxième semestre 2008 par la crise de l'immobilier. «On a souffert d'un manque d'affaires en particulier sur le marché de la maison individuelle», confie le P-dg d'Ossabois, qui a réussi à compenser cette chute par d'importants contrats signés dans le secteur du collectif. 400 logements pour le futur Center Parcs d'Hattigny (Moselle), 31 maisons pour le premier lotissement privé de maisons passives en France à Saint-Priest (Rhône), 150 logements en Aquitaine... Au final, la PME ligérienne devrait afficher un chiffre d'affaires 2008 de 45M€ en léger retrait par rapport à 2007 (47M€). «Notre résultat net devrait être tout juste à l'équilibre, alors que nous avions réalisé 1,5M€ l'an dernier», développe Pascal Chazal.




Un développement durable

Malgré la crise, la PME ligérienne demeure optimiste. «On vient de réaliser un mois de mars2009 équivalent à celui de 2007. Il y a une reprise des projets de nos clients. On espère réaliser 50M€ de CA cette année. On reste prudent sur 2010 et on pense que la reprise interviendra sur 2011 en même temps que les nouvelles normes sur les bâtiments basse consommation (BBC) et les bâtiments à énergie positive», précise le dirigeant. Et de poursuivre: «Avec le Grenelle de l'environnement, le seuil de consommation énergétique va passer à 50kw/h/m² par an dès 2010 pour le public et à partir de 2013 pour le privé. Cela signifie qu'il faudra diviser par trois la consommation énergétique dans l'habitat. Pour le bois, il nous faudra peu d'efforts pour y arriver. La difficulté sera de faire ces maisons au prix du marché».




Industrialisation

Pour y parvenir, Ossabois a décidé de passer de l'artisanat à l'industrialisation en reprenant en novembre2007 l'ancien site du groupe Seb dans les Vosges. «A l'origine, on prévoyait d'ouvrir une deuxième usine en Aquitaine. Ce qui nous a passionnés, c'est la reprise de cette usine et de son personnel. Ces gens sont des industriels. Ils nous apportent des méthodes efficaces de production que nous n'avions pas ici à Noirétable», développe Pascal Chazal. En activité depuis mars2008, la nouvelle unité de production emploie 62 anciens salariés de Seb et prévoit d'en reprendre 130 sous trois ans. 4M€ devrait également y être investis pour atteindre à cette date 25M€ de CA. Quant au projet en Aquitaine, il devrait voir le jour «sous 2 à 3 ans». Une troisième usine qui devrait permettre à Ossabois de répondre à la demande croissante du marché dans les BBC.