Oseo Rhône-Alpes et ses partenaires accompagnent chaque année plus de 60 jeunes entreprises innovantes. Elle a donc voulu savoir ce qu'elles devenaient après quelques années et a demandé à l'IAE de l'université Jean-Moulin - Lyon3 une étude exploratoire sur plus de 500 jeunes entreprises de tous secteurs accompagnées par Oseo innovation entre1997 et2006. Une entreprise innovante, pour cette étude, est une «jeune entreprise dont la création repose sur un projet d'innovation à composante technologique présentant des perspectives concrètes en terme de commercialisation». Elles ont été classées en trois secteurs: numérique (électronique, informatique...); sciences de la vie (agriculture, agroalimentaire, biotechnologies, pharmacie...) et sciences de l'ingénieur (mécanique, plasturgie, textile, chimie, énergie,etc.). Il y a une prédominance de créations dans le numérique sur l'ensemble de la période. La création se focalise sur le Rhône (41% des créations) et l'Isère (26%). Saint-Étienne se démarque avec 64% des créations dans les sciences de l'ingénieur. Le taux de pérennité (entreprises actives indépendantes) est de 95,3% à trois ans, de 81,1% à cinq ans et de 65,9% à sept ans. Ces taux de pérennité sont très élevés comparativement à l'ensemble des entreprises créées en France.
Le palier de la 5e année
La cinquième année d'existence d'une entreprise innovante marque une différenciation entre celles dont la croissance décolle et celles qui ne semblent pas pouvoir dépasser le cap du million d'euros de chiffre d'affaires sur la période étudiée. De même, c'est vers cette cinquième année que les effectifs évoluent: 50% des entreprises ont moins de sept salariés après cinq ans et seulement neuf salariés à huit ans et plus. En fait, seulement 25% des entreprises à huit ans et plus ont au moins vingt-cinq salariés. «Les dirigeants répondent majoritairement à une perspective de croissance par de l'embauche. L'écart entre les projections de chiffre d'affaires et la croissance constatée provoque une déception qui se traduit par un gel des embauches. (...) En somme, la période entre quatre et cinq ans est essentielle, non en terme de survie, mais bien en terme de croissance.»
Retour sur innovation
Il ressort de l'étude que «malgré une dynamique de création soutenue, une pérennité élevée des entreprises créées et un potentiel de création de richesses, (...) il existe un palier, ou un plafonnement, de croissance pour ces jeunes entreprises». Un paradoxe constaté au cours de l'étude «réside dans le fait que la dépense d'énergie et les ressources nécessaires à la création de l'entreprise et à sa "survie" pendant les premières années sont telles pour assurer une activité commerciale de subsistance parallèlement au développement du projet d'innovation, que l'entreprise n'est plus en capacité humaine et surtout financière, de se projeter convenablement pour profiter de la "véritable" phase de croissance, à savoir celle du retour sur l'innovation».
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Oseo Rhône-Alpes a commandé à l'IAE de Lyon 3 une étude sur les entreprises accompagnées depuis 1997.