«Le Consortium Familial des Grands Vins est une petite entreprise (4 salariés, 2M€ de CA au Rheu) créée par mon beau-père Eugène Ellia, en 1974. À l'origine, les bureaux étaient à Rennes. Mais nous sommes installés au Rheu depuis 2003. Depuis 1996, je gère l'entreprise avec mon demi-frère Patrice Ellia. C'était au départ une entreprise de négoce de vins, en tout cas jusqu'en 2000, car les choses ont évolué. Avant cette date, les gens attendaient les foires expos pour acheter du vin. Mais avec le règne de la grande distribution, les foires aux vins des grandes surfaces ont changé tout ça. Et puis les consommateurs veulent acheter chez le propriétaire. Ce qui les intéresse, c'est de discuter avec la personne qui fait le vin. Il y a encore quelques foires expo qui fonctionnent comme Paris ou Bordeaux. Pour le reste, c'est plus compliqué. On a encore fait la foire de Rennes en 2011, mais il est probable qu'on l'abandonne pour favoriser des salons spécialisés, comme le Salon de la Gastronomie, toujours à Rennes.
Vins sous garantie
Dès 1996, on a senti que si on restait sur le même créneau d'origine, on n'avait peu de chances de faire perdurer l'activité. En 2000, on a donc connu notre première évolution, en devenant propriétaires de vignes, en Bourgogne (Nuits-Saint-Georges et Vosne Romanée). Il s'agissait de créer un lieu de production ou l'on vinifie le vin dont on est propriétaire (un peu moins d'un hectare) mais aussi le raisin d'autres vignes. Si on a acheté les vignes, c'est pour avoir l'image de récoltant.
60.000 bouteilles vendues par an
En 2011, on va vinifier l'équivalent de 50 à 60% des vins que l'on va vendre ensuite. Notre spécialité: des vins de haut niveau (de 12 à 300 € la bouteille) assortis d'une garantie. S'il y a le moindre souci dans cinq ou dix ans, on s'engage à changer la marchandise. On vend autour de 60.000 bouteilles par an. Que du Bourgogne, pour une vingtaine d'appellations. On ne fait pas de vente sur internet car notre principe est de faire goûter le vin. On a commencé à vinifier en 2005, mais depuis cette année, on a une nouvelle cuverie. De plus en plus, on veut acheter du raisin et vendre notre vin. On travaille également la communication. Avec l'aide de l'agence Potion Magique, on a revu nos mailings, les étiquettes. La grande difficulté c'est de respecter une tradition, tout en modernisant l'image. C'est très compliqué. L'autre axe que l'on va développer en 2012 c'est le vin bio.
Insolite Un producteur de vins de Bourgogne installé au Rheu. C'est plutôt cocasse. C'est pourtant le pari qu'a fait Philippe Reynaud, à l'origine négociant en vins.