Trop fine, la couche qui constitue la dalle de béton sur laquelle reposent les réacteurs nucléaires? La troisième visite décennale de la tranche 1 du Centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Fessenheim est venue confirmer ce que l'Autorité de sûreté nucléaire soulignait déjà depuis fin 2009. Le fameux radier, d'une épaisseur d'1,5 mètre, doit donc être revu «afin d'augmenter sa résistance au corium en cas d'accident grave avec fusion du coeur et percement de la cuve», selon l'ASN. Ce n'est pas une surprise, explique-t-on à la direction de la centrale. «L'ASN nous avait déjà alertés sur le sujet fin 2009», explique Thierry Rosso, directeur du site, «nous avons depuis travaillé sur différentes solutions que nous lui présenterons à la fin de l'année». La nouveauté, c'est qu'à l'issue de cette visite, il y a désormais une date butoir: la solution devra être mise en oeuvre avant la fin juin2013. Au total, une trentaine d'autres recommandations ont été formulées pour améliorer la sécurité du réacteur, notamment la mise en place d'un système de refroidissement de secours. Le directeur n'évoque aucun chiffre mais affirme que les coûts sont «acceptables» pour EDF, qui avait déjà injecté 40millions d'euros sur le site pour préparer la visite. Cet avis favorable de l'ASN n'engage en rien les autorités européennes en charge des stress tests qui auront lieu d'ici à la fin de l'année et qui découlent des événements de Fukushima. Un examen portant notamment sur la résistance aux séismes et aux inondations et au terme duquel le gouvernement peut contraindre EDF à fermer Fessenheim qui emploie 900 salariés, dont 200 prestataires extérieurs. Ce que ne veut pas envisager Thierry Rosso, concentré désormais sur la visite de la tranche 2: «Nous nous inscrivons dans un schéma global d'EDF qui consiste à produire au-delà de 40 ans».
Philippe Armengaud
énergie La tranche 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim a passé avec succès la visite décennale de l'ASN. D'importants et inédits travaux sont toutefois à prévoir.