Nouvelle Coutume : Les lois de l'attraction
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Nouvelle Coutume : Les lois de l'attraction

Commerces Crise économique, pression foncière et changements d'habitude des consommateurs auront eu raison du projet initial Nouvelle Coutume à Vannes.

Le projet Nouvelle Coutume, centre commercial au coeur de ville de Vannes, a avorté. Après huit ans de gestation. Les contraintes se sont empilées au fil des ans: la position historique et archéologique du site, le ruisseau du Rohan, un foncier non maîtrisé, la mésentente d'Eiffage (constructeur) et Ségécé (promoteur), le changement de mairie au printemps dernier et surtout une crise financière sérieuse.




Projet d'investissement divisé par quatre

«La crise a calmé les ardeurs des promoteurs», indique Philippe Moati, économiste. Depuis 2008, les promoteurs n'ont plus le pouvoir. Les enseignes ont repris l'ascendant. «Désormais, elles sont prudentes dans leurs déploiements. D'autant que la dynamique de consommation stagne», complète l'économiste. Ainsi, des 13.000m² de surfaces commerciales initiales, Nouvelle Coutume à Vannes n'en garderait finalement que 4.500, portées par Ségécé uniquement. L'investissement, divisé par quatre, s'élèverait désormais à 20millions d'euros. Réduisant ainsi des baux locatifs qui auraient pu atteindre 800euros le mètre carré. Exit aussi la trentaine d'enseignes prévues. Seulement deux auraient pignon sur rue: H&M et Zara. «Le but est de trouver une solution dynamique et rapide», explique Frédéric Bottone, directeur développement Ouest de Ségécé. Une solution jugée légère par François Gaucher, président de la fédération des commerçants du centre-ville. «Deux enseignes ne suffisent pas pour que le centre-ville retrouve son attractivité face à la périphérie», commente-t-il. Car en moins de dix ans, 15.000m² de surfaces commerciales se sont créées à l'Ouest. Des espaces souvent alloués aux mêmes commerçants que ceux déjà installés dans le centre-ville (Célio, Quicksilver, Okaïdi, Devred...). Pour le bijoutier des Mégalithes, il est important que Ségécé raccroche d'autres wagons aux locomotives. Comme Desigual ou les Galeries Lafayette Corner... «Il est inutile d'opposer périphérie et centre-ville, ce ne sont pas les mêmes clients», répond Frédéric Bottone. «Dans le centre, H&M et Zara vont générer une mutation et un turn-over. Le marché va se faire tout seul».




Lorient, terre d'évasion

Comme à Lorient, où H&M et Zara sont implantés depuis trois ans dans l'Espace Nayel. Suivant ainsi la nouvelle tendance de retour vers le centre-ville. «Avant 2008, on estimait qu'un centre commercial de centre-ville atteignait son rythme de croisière au bout de trois ans. Désormais, il en faut cinq», indique Anthony Gorneau, directeur de l'Espace Nayel. Si certains se plaignent du manque d'attractivité du pôle, et de l'important turn-over des enseignes, le directeur balaie la critique. «Le centre commercial affiche une progression à deux chiffres aussi bien en terme de fréquentation que de chiffre d'affaires.Si C&A est parti c'est à cause de leur stratégie et pas du Nayel. Cette vieille enseigne n'a pas su prendre le virage pour plaire à une clientèle jeune», juge-t-il. Des négociations sont en cours pour occuper l'espace. En attendant Chronostock, le magasin éphémère, réalise sa meilleure implantation du Grand Ouest. Mieux, H&M se dit ravi de ses résultats. Enfin, si Ségécé a fait le choix d'une solution économiquement viable et surtout raisonnable à Vannes, c'est aussi «pour éviter une évasion commerciale vers Lorient au profit, à 99%, de H&M et Zara», indique Frédéric Bottone. «H&M est impatient de venir à Vannes. Zara attend encore l'aval de La Corogne, en Espagne, où se trouve le siège.»

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