La stratégie de Akka Technologies tient en une phrase : faire au plus vite de l'Allemagne son deuxième pilier de développement à égalité avec la France. « Un marché tricolore qui pèse toujours 46 % de notre CA global contre 50 % en 2014 », précise Nicolas Valtille, DAF de ce groupe, créé en 1984 par Maurice Ricci ; aujourd'hui poids lourd européen de l'informatique embarquée qui vient de dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaires. « Notre objectif, en visant Gigatronik, qui rayonne principalement sur l'Allemagne (14 antennes), l'Autriche et la Suisse, est bien de renforcer encore davantage notre empreinte outre-Rhin où nous enregistrons une croissance organique à deux chiffres ». Si le rachat de Gigatronik est confirmé, il s'agirait alors de la cinquième acquisition allemande pour Akka Technologies, après notamment les sociétés Auronik et Erlkönig et surtout la reprise en 2012 de 65 % de MBtech, une des anciennes filiales R & D du groupe Daimler (Mercedes). « Une reprise qui a été pour nous une vraie opération structurante nous permettant d'atteindre un CA de 300 millions d'euros contre 30 millions d'euros jusqu'alors », analyse Dov Levy, vice-président du département "relation investisseurs" du groupe lyonnais.
Stratégie de diversification
Avec l'arrivée de Gigatronik dans son périmètre, Akka Technologies peut également espérer varier son portefeuille clients alors que 70 % de son CA allemand reste générés par ses contrats avec Daimler. « Gigatronik devrait nous permettre d'accélérer notre expansion auprès de nombreux constructeurs automobiles, Daimler y compris mais aussi, Audi, BMW, Porsche et Volkswagen », espère Nicolas Valtille. Gigatronik, structure indépendante créée en 2001 en Bavière, est en effet positionnée dans les domaines de la navigation autonome, de l'informatique embarquée mais aussi de la mobilité, de la connectivité, et de l'infotainement. « Secteurs en très forte croissance... L'acquisition de Gigatronik appuie en outre notre stratégie qui vise à diversifier nos activités autour de trois bassins industriels à fort potentiel : l'Allemagne du Nord, du Sud-Ouest et du Sud-Est », analyse le DAF du groupe. Lequel ne précise pas si des changements dans le top management de Gigatronik seront décidés une fois la structure rattachés aux équipes de Akka Technologies. « Il est encore trop tôt mais notre philosophie, en situation de reprise, est généralement de garder l'encadrement existant ».
2018 : un CA visé de 1,2 milliard d'euros
Cette nouvelle percée en Allemagne pourrait également être accompagnée d'un coup d'accélérateur des investissements du groupe sur les marchés nord-américain et asiatique. Présents dans une vingtaine de pays, Akka Technologies cherche à renforcer son développement aux US où l'entreprise est présente à Detroit (Michigan) et dans l'Alabama, au Canada (à Montreal et Toronto) et en Chine. Pour ce dernier marché, elle officialisait en 2015 une JV - dans laquelle Akka Technologies détient 49 % des parts - avec le constructeur pékinois BAIC Motor, filiale du constructeur automobile pékinois Beijing Automotive Industry Holding Co. Classé au cinquième rang des constructeurs chinois, BAIC est également lié par une JV à Daimler mais aussi au Coréen Hyundai. Ce qui ouvre l'immense marché chinois (21,1 millions de véhicules vendus en 2015) à Akka Technologies qui peut désormais assister sur place BAIC dans toutes les étapes de la conception. « Même si notre priorité est concentrée sur l'Allemagne, il est vrai que la Chine et les États-Unis offrent à terme de très belles opportunités pour le groupe », confirme son DAF. Akka Technologies vise pour 2018 une marge opérationnelle comprise entre 8 % et 10 %, pour 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires.