La jeune pousse lyonnaise Kikleo porteuse d’une solution pour réduire le gâchis alimentaire a levé 3,5 millions d’euros auprès de NewFund Capital, fonds parisien spécialisé dans la tech et l’international, et auprès de ses investisseurs historiques, les fonds à impact Good Only Ventures et le montpelliérain Avelana, spécialisé dans l’agriculture et l’alimentation. "C’est exactement l’investisseur qu’il nous fallait, il nous manquait la brique technologie et international", commente Vincent Garcia, cofondateur de Kikleo (30 salariés ; 1,5 million de revenu annuel récurrent), en évoquant l’arrivée de NewFund Capital, leader sur ce nouveau tour table. L’entrepreneur reste majoritaire aux côtés de ses associés Martin d’Agay et Jacques Dussaix, un ancien de chez Sodexo entré dans l’entreprise après sa première levée de fonds de 1,5 million d’euros à l’automne 2023.
L’IA passe à table
Ses caméras scannent le contenu des assiettes "terminées" de la restauration collective avant de livrer une estimation des quantités gaspillées grâce à une IA3d capable de "peser" virtuellement les aliments. Grâce à elles, le CROUS de Lyon (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) a réduit de moitié les déchets de ses cantines, avec à la clé plusieurs dizaines de milliers d’euros épargnés chaque année, indique l’entreprise.
La solution a également été développée pour les cuisines pour éviter le gâchis lors de la préparation (matières premières de mauvaise qualité, préparations trop importantes,etc.), avec un écran, cette fois-ci. "On arrive à préconiser des solutions pour réduire le gâchis en utilisant 3 leviers : réduire les quantités produites, améliorer les recettes et sensibiliser les clients en communiquant sur les chiffres de la veille", poursuit-il. Parfois il suffit de changer la forme des frites, passant du format "steak house" à "allumette" pour réduire la gabegie. Ou de retravailler un steak végétarien, en optant pour de l’aubergine bien mijotée.
Kikleo a entamé la commercialisation de ses solutions en 2022 et compte fin 2025 un total de 250 restaurants équipés (dont 100 cuisines), pour l’essentiel issus de la restauration collective. "Nous voulons nous développer sur le marché de la restauration commerciale et de l’hôtellerie, ajoute Vincent Garcia, dont le dispositif a séduit le siège mondial d’Ikea avec lequel Kikleo a noué un partenariat.
Ikea en phase de test
Une première expérimentation est en cours dans un magasin belge du géant suédois du meuble. D’une pierre deux coups, cela donne l’occasion à Kikleo, de s’aventurer en dehors des frontières de l’Hexagone, axe majeur de sa nouvelle feuille de route.
L’Europe et les États-Unis dans le viseur
"Nous visons le marché des États-Unis et de l’Europe. Nous avons déjà un commercial à Madrid pour l’Espagne et le Portugal et allons recruter un autre pour l’Allemagne", annonce-t-il. Si en Europe, les habitudes de consommation sont similaires, le contenu des snackings prisés des Américains donne plus de fil à retordre au système de reconnaissance des aliments de Kikleo. Quid des slushs bleu fluo et des panures en tous genres des cafétérias yankee ? "Pour ce marché, nous allons devoir entrer de nouveaux aliments dans la base de données et réentraîner notre IA, sourit Vincent Garcia. Et aussi passer des certifications pour le marquage FCC, indispensable pour mise sur le marché américain."
Troisième volet, améliorer le traitement et l’automatisation des données pour des préconisations plus pertinentes. Kikleo espère équiper plus de 1 000 établissements en France et à l’étranger en 2027.