Jérôme Caron, vous êtes depuis janvier 2025 le directeur administratif et financier du groupe nantais Altyn. Quelle est votre feuille de route ?
Je retrouve chez Altyn une entreprise en phase d’hypercroissance, qui se transforme en ETI (800 salariés, 124 M€ de CA en 2024), via un modèle de croissance externe, associée à la croissance organique. L’enjeu est de faire évoluer l’entreprise Altyn (ex Alterea), telle qu’elle était à ses origines, c’est-à-dire une PME centrée sur l’ingénierie plutôt dans le domaine public, vers une ESCO : energy service company en anglais ou société de services en efficacité énergétique. Ce modèle d’entreprise propose une gamme complète de services, intégrant l’ingénierie, les travaux, l’exploitation et les services associés, avec un engagement fort sur la performance énergétique. Pour Altyn, cela signifie se développer sur ses quatre pôles (Altyn Ingénierie et conseil, Altyn Travaux, Altyn Exploitation et Services, Altyn Opérations globales) pour proposer l’intégralité des prestations de service. Notre ambition est de faire d’Altyn la première ESCO indépendante de France.
Quels sont vos axes de travail pour faire d’Altyn une ESCO ?
Notre première contribution au développement de l’entreprise passe par des croissances externes. Il s’agit d’identifier des cibles, soit dans une logique d’équilibre entre nos métiers, en renforçant certains pôles d’Altyn comme les services, soit dans une logique de maillage géographique en rachetant des entreprises en dehors des territoires où nous sommes fortement implantés : l’Ouest et en Île-de-France. Nous suivons également une logique de diversification de notre portefeuille vers des clients privés. En préalable à ces croissances externes, il faut sécuriser leur financement en levant de la dette auprès de nos banques partenaires. Ensuite, il faut travailler à l’intégration des cibles pour générer les synergies attendues. Cette dynamique de croissance externe, lancée il y a quelques années, a montré sa pertinence. Les sociétés rachetées génèrent déjà une part importante du résultat du groupe.
Outre les croissances externes, quelles sont vos autres priorités ?
Grandir implique de structurer les équipes financières et supports pour accompagner nos filiales dans une logique d’industrialisation pour gagner en efficacité. Un autre de mes objectifs est de diffuser une culture du résultat et de la trésorerie plus prégnante. L’idée est de générer davantage de rentabilité et de trésorerie à partir d’un même chiffre d’affaires. Enfin, en lien avec nos quatre métiers autour de l’efficacité énergétique, nous cherchons à nous positionner comme financeurs. À travers une offre dédiée, nous souhaitons proposer à nos clients des schémas financiers innovants leur permettant de passer à l’action sur les chantiers d’efficacité énergétique. L’objectif est que les investissements soient financés par les économies générées.