En janvier dernier, le groupe Continental accordait une enveloppe de 16 M€ à l'entreprise Continental de Sarreguemines dans le cadre du Cap 2014. Le même site qui, en 2008, était le moins compétitif du groupe, et accusait un écart de productivité de 5 M€ avec les sites allemands. «Dès 2008, le groupe se trouvait en surcapacité et la fermeture de Clairoix a entraîné un volume supérieur au volume attendu», détaille François Gérard, le directeur de l'usine de Sarreguemines. «Le but était le maintien de l'équilibre financier. Les 250 intérimaires n'ont pas été reconduits en 2009, les contrats avec les sous-traitants ont été suspendus, des accords ont été signés pour basculer un maximum de VSD en semaine. À partir de là, le projet Cap 2014 a commencé à mûrir. À Sarreguemines, nous avions l'illusion de croire que notre niveau de productivité était élevé. Mais ce qui compte, à la fin de l'année, c'est de savoir ce qu'un homme produit par an et à quel prix. Les usines allemandes avaient un taux horaire 30% inférieur au nôtre, car notre nombre d'heures effectives annuel était très faible. D'autre part, le coût des équipes VSD et la majoration de 50% les samedis et dimanches. En Allemagne, pas de majoration VSD et un système de 4/8 qui couvre les 7 jours de la semaine. Continental fonctionnait alors avec trois équipes en 3/8 la semaine et 2 le week-end. Une des solutions aurait été de passer aux 4/8 mais les partenaires sociaux n'ont pas exprimé un enthousiasme débordant. En novembre 2009, nous avons demandé aux équipes VSD de faire plus d'efforts et de travailler presque 300 heures de plus, ce qui a soulevé une grève d'un week-end. Cela a été un choc pour tout le monde mais cela a entraîné une prise de conscience. Si chacun s'arcqueboutait sur ses positions, cela n'amènerait rien de positif. De là est née la notion d'effort solidaire.»
Première extrudeuse quintuplex
Cap 2014 a été approuvé en mai 2010 avec un référendum favorable à hauteur de 60% et la maison mère a suivi en apportant un soutien financier sans équivoque. «Le groupe a regardé les capacités des gens à s'adapter. C'est grâce à l'effort solidaire que nous en sommes là. Aujourd'hui, ce ne sont plus 34.000 pneus/jour qui sont escomptés d'ici à la fin de l'année mais 37.000! En mai, les salariés ont accepté un gel des salaires pour l'année 2010 et surtout de travailler 121 heures de plus dans l'année. Nous venons d'ailleurs de négocier une prime exceptionnelle et une augmentation salariale de 2% sur salaire brut. Nous sommes toujours en pleines négociations salariales. Cap 2014 a aussi été rendu possible grâce aux extensions de bâtiments directement intégrés au projet. 10.000 m² supplémentaires et une usine opérationnelle avec de nouvelles machines et notamment une extrudeuse quintuplex - la première du groupe- opérationnelles d'ici à septembre». Enfin, Cap 2014 marque un revirement total de la politique de l'entreprise. «Nous voulons être une usine pilote et nous positionner sur le haut de gamme. Avec la prochaine législation sur l'étiquetage des pneus, nous espérons créer la différence chez le consommateur avec des pneus 17pouces et plus.»
Son défi Le site Continental de Sarreguemines accusait un retard de compétitivité par rapport aux sites allemands.