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"Nous voulons créer deux équipes cyclistes soutenues par des PME"
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"Nous voulons créer deux équipes cyclistes soutenues par des PME"

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Afin de redonner toute leur place aux entreprises locales dans le sponsoring de grands événements sportifs, plusieurs dirigeants de PME ont décidé de lancer une équipe de cyclisme professionnelle, sous forme de société, uniquement financée par des petites et moyennes entreprises. Baptisée Ma Petite Entreprise, cette équipe espère concourir pour le Tour de France 2030. Simon Savre, associé de la société et entrepreneur chambérien, témoigne.

Emeric Ducruet et Simon Savre deux des associés de Ma Petite Entreprise — Photo : Ma Petite Entreprise

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots le projet de Ma petite entreprise ?

Nous avons l’ambition de créer deux équipes cyclistes professionnelles, hommes et femmes, entièrement soutenues par des TPE/PME françaises, afin de rendre à ces entreprises la visibilité qu’elles méritent dans l’écosystème sportif. Nous avons créé une société pour soutenir ce projet, "Ma petite entreprise", dont je suis actionnaire aux côtés de Michaël Amand et Emeric Ducruet.

Comment a germé cette idée ?

Emeric Ducruet, dirigeant de l’entreprise chambérienne ACS, Michaël Amand, qui dirige une agence de communication et moi-même, qui ai monté une société de conseil et d'accompagnement pour les cyclistes à Chambéry, sommes des passionnés de vélo. Emeric et moi nous sommes rencontrés au sein d’un club de cyclistes à La Motte-Servolex (73) et avons constaté que beaucoup de petites équipes coulaient lorsqu’un de leurs sponsors arrêtait de les soutenir. Nous avons donc pensé qu’il était moins risqué pour une équipe d’avoir de nombreux petits sponsors et que cela permettait aussi à des entreprises de taille plus modestes de soutenir un club local. Selon nous, c’est un projet économiquement plus stable à la fois pour l’équipe et pour les sponsors, qui n’auront pas forcément besoin d’avoir un retour sur investissement s’ils ont mis un ticket de 1 500 euros.

Quel est le mode de fonctionnement du sponsoring traditionnel et en quoi vous en distinguez vous ?

Les équipes professionnelles sont en général soutenues par deux ou trois gros sponsors et vivent de dotations en matériel et de subventions financières dont les montants par sponsors sont considérables. Le budget pour pouvoir participer au Tour de France et faire vivre une équipe sur toute l’année tourne autour de 30 millions d’euros. Les grands groupes qui sponsorisent une équipe intègrent cet investissement dans leurs coûts de publicité et de communication. Ma Petite Entreprise a souhaité s’inscrire à rebours de ce modèle qui, selon nous, ne correspond pas du tout à l’esprit du cyclisme, un sport historiquement populaire et accessible à tous. À l’origine, ce sont d’ailleurs souvent les petites entreprises locales qui soutenaient les équipes cyclistes, contribuant à une proximité unique entre les sponsors, les équipes et le public.

Quelle a été la réaction des PME lorsque vous leur avez parlé du projet ?

Très favorablement : nous avons déjà obtenu le soutien de principe de 200 entreprises environ, qui avaient à cœur de soutenir un projet porteur de sens et c’est le cas de Ma Petite Entreprise. En effet, 10 % des revenus des courses seront reversés aux bénévoles qui animent les clubs amateurs et la même somme servira à parrainer des ruches qui symbolisent avec l’abeille le travail et dont le sucre est le carburant du cycliste.

Vous avez pour objectif de participer à des courses au sein du peloton professionnel dès 2026 avec le Tour de France 2030 en ligne de mire. Où en êtes-vous en termes de calendrier ?

Nous allons entrer en phase de collecte auprès des entreprises dès ce mois de février, puisque nous avons déposé les statuts de Ma Petite Entreprise, en tant que société, en janvier dernier. Michaël Armand en est le directeur général. Les 200 entreprises qui nous soutiennent déjà devraient nous permettre de récolter entre 200 000 et 500 000 euros ; nous allons donc poursuivre notre travail de communication. Notre objectif est de réunir entre 1,5 million (nous pourrons alors financer une équipe féminine) et 5 millions (pour créer deux équipes). Nous allons aussi entamer le recrutement des coureurs professionnels : ceux que nous avons déjà contactés sont enthousiastes mais il faut aussi que nous soyons capables de les payer correctement. À salaire équivalent, notre projet plaît aux coureurs car il a du sens.

Quel type d’entreprises visez vous pour soutenir le projet ?

Nous nous sommes fixé la limite de 500 salariés et nous n’accepterons pas le sponsoring d’un gros groupe qui souhaiterait voir figurer son nom en priorité sur le maillot ou dans nos campagnes. L’idée est vraiment que toutes les entreprises soient à égalité. Chaque sponsor, quel que soit son apport financier (à partir de 750 € par an), sera valorisé de manière équitable, avec une visibilité assurée sur les supports de communication et les maillots de Ma Petite Entreprise.

Ma Petite entreprise a également vocation à aider les PME à entrer en réseau. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Les entreprises sponsors pourront bénéficier d’un annuaire comprenant le nom de toutes les PME partenaires ainsi que les évènements d’entrepreneurs ayant la même passion, pour leur permettre de faire du business entre elles. Côté communication, nous allons aussi proposer aux entreprises de venir faire des vidéos en immersion au sein de leurs équipes pour faire découvrir au grand public leur métier et montrer en quoi ils ont contribué au projet cycliste. Nous pourrons aussi accompagner celles qui souhaiteraient communiquer sur une annonce en particulier durant l’année. L’idée est de créer un véritable sentiment d’appartenance à un projet collectif et audacieux.

Savoie # Sport # Services # TPE # PME # Création d'entreprise