Jean-Claude Bertrand, adjoint au maire de Saint-Étienne en charge des finances.
Quelle était la situation financière de la Ville quand vous êtes arrivés aux affaires? Elle était catastrophique tant sur l'élaboration du budget 2009 et que sur les emprunts structurés, avec un endettement de 380millions d'euros dont 70% de produits toxiques. Notre mark to market, c'est-à-dire ce qu'il aurait fallu dépenser pour liquider ces emprunts, était supérieur à 150millions, soit l'équivalent des dépenses d'investissements de la Ville sur trois ans. Si nous n'avions pas augmenté la fiscalité, le budget 2009 n'aurait pas pu être équilibré et la Ville aurait été placée sous tutelle.
Et aujourd'hui?
Les comptes se sont très nettement améliorés. L'excédent brut courant est de 49millions d'euros et l'épargne nette, elle, s'élève aujourd'hui à 10millions contre 3millions lorsque nous sommes arrivés. Nous avons aussi désendetté la Ville de 23millions d'euros et d'ici la fin du mandat, ce chiffre devrait se situer entre 32 et 35millions d'euros. À notre arrivée, il n'y avait que 400.000euros de provision pour risque sur la dette. Cette provision est aujourd'hui de 12millions d'euros. Quant aux produits structurés qui s'élevaient à 70%, ils sont aujourd'hui retombés à 30%. L'évolution du marché des produits structurés et notamment des Euro/Francs Suisse, Euro/Dollars et Euro/Yen nous a été défavorable. Ce qui explique que notre mark to market est toujours de 150millions d'euros.
Comment voyez-vous le futur?
Pour les emprunts, nous avons mis la Deutsh Bank et la Royal Bank of Scotland au tribunal. Le premier jugement tombera le 4juillet. Par ailleurs, vis-à-vis de Dexia, nous réfléchissons à une action en recours. De toute façon, nous ne paierons pas des taux d'intérêts au-delà des taux d'aujourd'hui, c'est-à-dire en gros 5%. Pour ce qui est du budget, nous nous sommes engagés à ne pas augmenter la fiscalité jusqu'à la fin du mandat et nous tiendrons cet engagement sur 2013 et 2014. Par ailleurs, nous allons continuer à redresser les finances par une gestion rigoureuse et en particulier par une diminution des dépenses de fonctionnement que nous avons déjà baissées de 3%/ an.
- TROIS QUESTIONS