Lorient
"Nous allons créer Lorient Port de Commerce 2.0"
Interview Lorient # Infrastructures

Frédéric Pingret-Kerjean directeur du port de commerce Lorient "Nous allons créer Lorient Port de Commerce 2.0"

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Frédéric Pingret-Kerjean vient de prendre les commandes de la direction du port de commerce de Lorient. Sur ses tablettes figure un important plan de modernisation de l’équipement en infrastructures et en outillage. Le port entend développer son activité notamment vers les EMR.

Frédéric Pingret-Kerjean a pris la direction du port de commerce de Lorient — Photo : Ségolène Mahias

Vous êtes le nouveau directeur du port de commerce de Lorient et précédemment en poste, sur des fonctions similaires à Cherbourg, qu’est ce qui vous a motivé à prendre la direction de cet équipement morbihannais ?

Après avoir effectué ma carrière dans la Marine, j’ai eu plusieurs expériences dans le secteur privé comme directeur technique d’une société de micro-électronique. J’ai aussi créé une société de conseil en ingénierie navale puis j’ai été sollicité pour prendre la direction du remorquage portuaire des ports de Dakar (Sénégal) pour le compte du géant espagnol Bomida. De retour en France, j’ai dirigé le port de Cherbourg (130 salariés et 21 M€ de CA) en poursuivant le développement de l’éolien et en mettant en place le ferroutage entre Cherbourg et Bayonne. Ceci en plein essor du port dans ses liaisons avec l’Irlande suite au Brexit.

Le port de Lorient cherchait quelqu’un à sa tête, j’ai été sollicité. Ce qui m’a plu, c’est le potentiel de développement et le fait qu’il soit à taille humaine. Il y a aussi un gros projet d’avenir que porte la région Bretagne notamment la nouvelle société portuaire, avec des enjeux majeurs et des moyens financiers importants.

Quels sont ces enjeux ?

La Région Bretagne, qui est propriétaire de l’infrastructure, souhaite renforcer son développement en la dotant d’une gouvernance renouvelée, pour une durée longue. En collaboration avec la CCI du Morbihan et Lorient Agglomération, elle travaille à la création d’une nouvelle société portuaire, sur le modèle de BrestPort. Le tout en portant des investissements majeurs et en levant de la dette notamment. Ce que j’appelle Lorient Port de Commerce 2.0 va nécessiter plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements. Il s’agit de refaire le quai de 150 mètres. La partie occupée par les entrepôts frigorifiques va disparaître et permettre de récupérer de l’espace. Une partie doit être dédiée aux EMR en lien avec le projet d’éolien flottant. Nous disposons ici de 3 hectares et la CCI a également du foncier. Des investissements doivent être réalisés pour l’infrastructure et l’outillage comme les outils de levage. C’est prioritaire.

Quel est le niveau d’activité du port de commerce actuellement ?

La visibilité est plus courte. Nous continuons d’avoir une activité orientée à 58 % sur la nutrition animale, suivie des hydrocarbures à 25 % mais la rentabilité est plus importante sur les hydrocarbures. Nous avons aussi des marchés avec le bois, le sable… Il s’agit donc de pouvoir nous diversifier car la nutrition animale comme les hydrocarbures ont moins le vent en poupe actuellement. Nous avons également une activité de remorquage. Nous allons faire l’acquisition d’un remorqueur neuf d’une puissance de 70 T et d’un autre en occasion.

Les EMR pourraient-elles être ce relais de croissance ?

Ce sont des enjeux intéressants et majeurs. Il y a des besoins et un projet phare qui se dessine sur le territoire avec le futur parc éolien de Bretagne Sud : d’abord sur la phase de construction, puis pour les activités de maintenance. Le foncier du port de commerce est intéressant à ce titre notamment les 150 mètres de quai qui seront aménagés pour recevoir les activités liées aux systèmes d’ancrage des futures éoliennes en mer et à leur maintenance.

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