De l'aveu même des fins connaisseurs du dossier, le succès de la candidature Normandy French Tech lui doit beaucoup. La tentative isolée du camp rouennais avait fait long feu, faute d'un acteur de poids à la fois opérateur et acteur puissant de la R&D numérique. L'Orange Lab de Caen aura donc été le catalyseur, si ce n'est l'atout maître du dossier normand labellisé French Tech en 2015 et réunissant les agglomérations de Caen et du Havre ainsi que la Métropole rouennaise.
Orange présent à Caen depuis 1983
Au-delà de l'anecdote, l'ancien Services Études des Postes et Télécommunication (SEPT) basé à Caen depuis 1983, est aujourd'hui un rouage clé de la recherche au sein du groupe Orange. Un site spécialisé dans les cartes SIM et la technologie NFC (Near Field Communication), qui couvre le grand sujet du moment : l'interconnexion des objets.
Peer to SIM : sécurité des échanges entre les objets
Emblématique des travaux du laboratoire normand dans ce domaine, le programme « Peer to SIM » a trouvé sa traduction dans le domaine de la mobilité automobile. « L'idée est que lorsque vous louez un véhicule, vous réservez du même coup une place de parking à votre destination », explique Loïc Thomazo, le directeur adjoint de l'Orange Lab de Caen. Ensuite, les objets se chargent du reste. Le smartphone communique avec le véhicule -via le bluetooth- pour l'ouverture, qui communique avec le parking -via le WiFi- pour l'abaissement du plot et l'accès à l'emplacement réservé. « Au final, il s'agit d'un échange de clés sécurisées ; les objets partagent le même secret ! », résume le dirigeant.
La dématérialisation des ordonnances médicales
Dans un autre domaine, celui de la santé, les ingénieurs caennais ont mis au point une application qui relie le patient au médecin et au pharmacien (« Link for Health ») en dématérialisant l'ordonnance et en la rendant accessible sur un terminal mobile type smartphone. En cours d'expérimentation, l'appli a été développée grâce à des contacts engagés avec un autre Normand, la société Isipharm (76), filiale informatique du répartiteur pharmaceutique Astera. Élaboré avec des médecins, l'outil « facilite la prise de médicament au bon moment pour augmenter les chances de guérison », explique par exemple Loïc Thomazo. Le smartphone devient alors le lien entre le patient, le praticien et le pharmacien. Toujours évolutif, le produit vise à créer une interconnection avec des objets tels un capteur de température ou encore un détecteur de mobilité pour les personnes âgées. « Notre rôle, au final, c'est de sécuriser les transactions entre ces objets et l'application, avec toujours le souci de préserver les données médicales ».
Service de paiement dématérialisé
Parmi les réalisations récentes de l'Orange Lab normand, on trouve aussi des solutions de paiement dématérialisées telles Orange Cash. Un service de paiement via smartphone mis au point par les ingénieurs maison et expérimenté dès février 2014 en Normandie avant un lancement national à l'automne dernier. « Trois ans de recherche auront été nécessaires avant d'aboutir à un prototype prêt à entrer en phase de production », explique le directeur adjoint du laboratoire. « Il s'agit d'une application gratuite qui est autant un outil de paiement qu'un outil de marketing, grâce à la géolocalisation de boutiques partenaires, et qui permet également les paiements en ligne grâce à un code à usage unique ».
« Game of Thrones », série augmentée !
Mais le grand sujet du moment, à l'approche de la sortie mondiale en avril prochain de la saison 6 de la série de HBO « Game of Thrones » (également sur Orange Cinéma Séries), c'est une appli développée à Caen qui permet grâce à une synchronisation du son de la série, d'accéder à des cartes, des historiques de personnages et toute une série de bonus liés à l'épisode en cours de lecture. Une technologie adoubée par HBO depuis la saison 3 de la série, qu'Orange pourrait appliquer à d'autres productions à l'avenir.