« Le secteur aéronautique est porteur, nous avons cette chance-là. Mais c'est aussi un domaine dans lequel la supply chain est généralement très tendue ». Ce constat, dressé par la déléguée de Normandie AéroEspace (NAE), l'ensemble des professionnels de la filière le partage. D'où l'idée de faire dialoguer davantage encore qu'ils ne le font naturellement, donneurs d'ordres et fournisseurs sur le territoire Normand. La filière NAE a donc lancé en début d'année un véritable programme de « performance industriel » inspiré par le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales).
Savoir anticiper
Concrètement, trois groupes réunissant chacun un industriel majeur du secteur et cinq à sept PME régionales vont être mis sur pied d'ici à cet été avec pour objectif « d'offrir un regard bilatéral » sur certaines difficultés qui viennent parfois gripper la mécanique entre tous ces acteurs interdépendants. « Maintenir en permanence l'équilibre entre charge et capacité de production nécessite de bien anticiper », explique Fabienne Folliot. « Un retard sur une pièce peut planter le délai de livraison d'un avion », résume l'ancienne responsable achats de l'équipement Aircelle (Groupe Safran). Un premier groupe de travail réunit justement autour du nacelliste Havrais et plus largement du groupe Safran, sept PME Normandes (AES, Maugars Industries, Dedienne Multiplasturgy, Metra, Ressorts Masselin, ACB, Sival). « Ce sont toutes des entreprises qui travaillent avec différentes entités du groupe Safran », explique la déléguée de NAE. Et qui connaissent donc bien les problématiques spécifiques du groupe.
« Que la chaîne s'améliore
» « Les relations entre donneurs d'ordres et fournisseurs existent déjà, mais l'avantage d'un tel programme est de porter une action en profondeur. Car in fine, l'objectif c'est que la chaîne s'améliore ! » Une chaîne qui par définition ne se limite pas aux rapports entre deux parties : « Il ne faut pas perdre de vue que les fournisseurs eux-mêmes dépendent de leurs propres fournisseurs », rappelle utilement Fabienne Folliot.
Dix-huit mois de travail
Au final, l'action va porter sur une période de dix-huit mois rythmée par des réunions collectives ou personnalisées et ponctuée par un diagnostic effectué par des consultants. Des intervenants extérieurs chargés de rencontrer les entreprises individuellement afin de préconiser un plan d'action, si nécessaire. Le second groupe formé autour de TE Connectivity (ex-Dodge) doit démarrer son action le 12 mars. Il réunit Larger, Ets Jaunet, CMA Vallet, Precicast et APS. Un troisième groupe piloté par Thales devrait être opérationnel avant l'été.
Guillaume Ducable
Aéronautique Une quinzaine de PME vont intégrer avant l'été trois groupes de travail destinés à mieux réguler les rapports entre donneurs d'ordres et fournisseurs.