« Ni pertes, ni progression cette année»
# Conjoncture

« Ni pertes, ni progression cette année»

Après un premier trimestre catastrophique, le secteur du transport s'est stabilisé grâce à une petite reprise de l'activité. Mais des difficultés structurelles et l'incertitude sur la conjoncture rendent difficile tout pronostic. Pour Michel Chalot, président de l'Union régionale du transport d'Alsace (Urta), 2011 sera l'année de vérité.

Une croissance nulle, c'est ce à quoi s'attendent les responsables du secteur pour l'année qui s'achève. « Dans la continuité de 2009, l'activité a chuté de 10 à 20 % au premier trimestre, avant de se stabiliser et de repartir à la hausse en juillet », explique Michel Chalot, en partie grâce à la locomotive allemande. « Aujourd'hui on ne perd plus de parts de marché », confie pour sa part Christophe Schmitt, directeur régional Est du groupe Heppner. Si le nombre de liquidations d'entreprises recensé par l'Urta est équivalent à 2009 - soit une douzaine - les défaillances concernent de plus grosses structures. « Dans le service, on est à la merci des clients », rappelle le responsable syndical, pour qui le diagnostic est clair: «La page industrielle de l'Alsace est tournée». Et la fermeture de la raffinerie de Reichstett annoncée en octobre n'est qu'un symptôme.




Le tertiaire alsacien accuse son retard

« L'outil de production fiche le camp, il faut donc faire avec nos armes, mais l'Alsace n'est pas équipée pour affronter l'avenir », déplore Michel Chalot. En cause d'après lui, les choix politiques qui éloignent de plus en plus la région de ses proches voisines. « Le pavillon français est 15 à 20% moins compétitif que le pavillon allemand », relève Christophe Schmitt, «malgré le potentiel, les solutions de combinaison intermodales ne fonctionnent pas et le wagon reste isolé », explique-t-il. Côté logistique, le bilan n'est pas meilleur. « Les stocks des clients ont baissé, le taux d'occupation des entrepôts a dégringolé. La rentabilité a été très faible cette année », analyse Christophe Schmitt, inquiet face au déplacement de l'activité vers la Lorraine, bien mieux équipée en infrastructures, notamment autoroutières. « Nous n'avons pas de grandes plateformes logistiques banalisées», confirme Michel Chalot. « Pour l'Alsace, le train est peut-être passé »,s'inquiète-t-il.




Concurrence faussée

Parmi les grandes préoccupations du secteur figurent aussi l'emploi et la taxe poids lourd, serpent de mer du secteur. Cette dernière devrait coûter à l'Alsace 30 millions d'euros sur un an, anticipe l'Urta, et fausser la concurrence. « Harmoniser la législation sociale et environnementale est la priorité », estime Christophe Schmitt. Tandis que le prix de l'énergie continue de grimper, lentement mais sûrement. Là encore la question fait consensus: 2011 ne sera pas une année de reprise.

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