C’est un cap décisif que vient de franchir le groupe girondin Nemea (600 collaborateurs, 92 M€ de CA en 2024), historiquement spécialisé en gestion de résidences de tourisme. Ce 5 novembre, il a annoncé la cession de son activité tourisme au groupe familial Goélia (293 salariés, 57,8 M€ de CA en 2024), un spécialiste du secteur basé à Évry-Courcouronnes (Essonne).
Les résidences de tourisme étaient pourtant l’activité fondatrice du groupe, créé en 1994 et dont le premier bien géré était une résidence de tourisme de montagne, La Soulane à Loudenvielle (Hautes-Pyrénées). Cette activité représentait, avant cession, environ 30 % de son chiffre d’affaires annuel et un total de 31 résidences (mer et montagne) en France.
La cession s’avère être une occasion pour Goélia, qui gérait déjà 71 résidences de ce type (mer, montagne et campagne), de s’implanter géographiquement dans le Sud-Ouest. La cession concerne la gestion des résidences et non les terrains, dont Nemea n’était pas propriétaire, ni la marque qui reste la sienne. L’opération vient malgré tout chambouler assez fortement l’effectif du groupe, qui transfère environ 250 personnes vers Goélia, "sans plan social. Les salariés ont tous été réembauchés", assure le PDG de Nemea, Pascal Recorbet.
La rentabilité sans les aléas
L’objectif pour le cédant : se spécialiser tout en consolidant sa vision de résidences et de clientèles hybrides et se concentrer sur l’habitat urbain (Hôtels, résidences hôtelières, résidences étudiantes, coliving et résidences mixtes) "afin de renforcer sa performance et sa capacité d’innovation".
Nemea, qui exploite par ailleurs 59 résidences en France (18 résidences hôtelières et 41 résidences étudiantes), en ouvre 3 à 6 par an. Il cible désormais des marchés porteurs, plus rentables car remplis une plus grande partie de l’année et "moins soumis aux aléas météorologiques ou aux modes. Le tourisme est un secteur où il est très compliqué de se développer : la place n’est pas phénoménale, les sites intéressants sont plus difficiles à trouver et les promoteurs et banques sont moins enclins à commercialiser des biens de 45 m2 que de 20 m2", poursuit le dirigeant. "On mise sur l’urbain, marché dans lequel on veut devenir leader parce qu’on a un vrai savoir-faire".
Plan de développement
Nemea associe cette décision à un nouveau plan de développement dans lequel on trouve des objectifs renouvelés. D’abord celui de consolider sa stratégie d’hébergement hybrides (résidences mixtes, coliving…) et en ciblant "les métropoles régionales et les villes intermédiaires".
Ensuite, celui de poursuivre la montée en gamme de ses résidences hôtelières, notamment pour suivre les standards plus exigeants des voyageurs d’affaires ou des visiteurs citadins de courte durée. "Toutes les futures résidences ouvertes par le groupe seront classées 4 étoiles", assure Nemea, illustrant son souhait renouvelé de se renforcer sur le secteur porteur de l’hôtellerie haut de gamme.
Des rénovations du parc existant sont aussi prévues : 7 résidences étudiantes et deux résidences hôtelières doivent subir un lifting en 2026.
Pour les étudiants, Nemea mise sur "de nouvelles offres plus accessibles, pensées pour les petits budgets". Il prévoit plusieurs ouvertures à Pessac (Gironde), Kremlin-Bicêtre et Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), Orléans (Loiret) ou Le Mans (Sarthe) entre 2026 et 2027, sans compter la résidence mixte mêlant étudiants et clientèle d’affaires ouverte à Pessac cet été ou celle prévue à Nice l’an prochain.
Autonomie et export
Enfin, le groupe souhaite muscler son parcours client via des clés dématérialisées sur smartphone ou des bornes d’accueil pour renforcer l’autonomie de sa clientèle. Enfin, il garde toujours un œil vers l’export, où il n’est pas encore présent mais cible des marchés européens limitrophes comme la Belgique, l’Espagne ou le Portugal. Nemea vise un chiffre d’affaires d’au moins 80 millions d’euros d’ici à 5 ans.