Nautic 2009 : En attendant la fin de la tempête
# Industrie

Nautic 2009 : En attendant la fin de la tempête

Lors du salon nautique de Paris en décembre, les entreprises régionales étaient une petite soixantaine rassemblée pour la plupart sur un stand de la région Bretagne. En cette période de crise, elles attendent que la tempête passe, sans être totalement dans le creux de la vague.

Ce qui sauve la filière nautisme en Bretagne? «C'est de faire peu de volume mais de la valeur ajoutée sur des marchés de niche comme la course au large», affirme Jean-Jacques Le Norment ancien sportif en voile olympique et chef de projet à l'agence économique de Bretagne. Les chantiers bretons, souvent artisanaux, vendent du cousu main, quasiment sur-mesure et en direct au client, sans passer par des distributeurs. Le plus gros d'entre eux emploie cinquante personnes à tout casser, fabrique une cinquantaine de bateaux par an quand Bénéteau en sort 7.000. En cette période de crise, être petit est plutôt un avantage. «Le taux d'endettement des chantiers bretons est assez faible ce qui leur permet de faire le dos rond alors que dans les plus grosses entreprises, on a assisté à de nombreuses restructurations de la dette», poursuit le spécialiste.




«Cabriolet anglais plutôt que voiture de série»

Pour résister, les Bretons ont cependant dû imaginer de nouveaux produits. C'est le cas de Grand Largue à Calorguen, près de Dinan (22), qui construit depuis douze ans des bateaux traditionnels haut de gamme en contreplaqué époxy. «Nous, on s'adresse à des marins qui veulent des bateaux sortant de l'ordinaire, plutôt un cabriolet anglais qu'une voiture de grande série», explique son gérant Pierre-Yves de la Rivière un ancien commercial en assurances reconverti en charpentier de marine. Deux commandes en moins, une chute de 50% du chiffre d'affaires. Pierre-Yves de la Rivière s'est résolu à sortir un modèle en polyester, disponible en version voile et moteur. «Cela me permet d'offrir un prix inférieur, d'aborder le marché des embarcations en eau douce et de cibler les gens rétifs à l'entretien des bateaux en bois. Moi je fais du contreplaqué époxy, c'est différent, mais il y a souvent des confusions.» Par ailleurs, il semble que certains segments résistent mieux que d'autres. Virusboat à Plouhinec (56) (800K€ de CA) est leader des bateaux d'aviron de loisirs, yoles et skiff de mer. «La crise, bien sûr qu'on l'a sentie. Mais davantage sur le secteur voile (NDLR: Il y a sept ans, l'entreprise se diversifiait dans le trimaran de navigation à la journée), beaucoup plus sensible aux modes. La crise accentue le cycle de vieillissement des produits. Or la yole a un design qui ne vieillit pas», analyse son gérant Laouen de Kersauson.




Les services en vogue

Si les petits chantiers s'accrochent, les loueurs et le secteur des services semblent en revanche bénéficier d'un report de consommation. «Avec la crise, les plaisanciers se tournent vers le maintien en l'état de leur navire. Ce qui est favorable aux chantiers de maintenance», explique Jean-Jacques Le Norment. Une bouée de sauvetage bienvenue pour la filière dans son ensemble.

# Industrie