40% de croissance en 2015, 87 millions d’euros levés cette année, le groupe Ariès Alliance ne cesse de prendre de la hauteur. Le fabricant de pièces aéronautiques a réalisé en juillet dernier le troisième LBO de son histoire. L'opération a été suivie par CM-CIC Investissement, actionnaire historique, à hauteur de 16,6 millions, de BNP Paribas développement pour 8,9 millions. ACE management, le fonds spécialisé dans l'aéronautique, complète le tour de table avec 3 millions. Cette recomposition de capital permet à la famille Guyon d'assurer ses arrières et de devenir majoritaire au capital de l'entreprise. Elle en détient désormais 53% contre 47% avant l’opération. « C’est un gage de continuité qui est apprécié par nos collaborateurs », explique Eric Guyon.
Investissements prévus surtout à Nantes
Ce tour de table permet aussi à Ariès Alliance de renforcer encore un peu plus son positionnement stratégique sur la fabrication de pièces complexes de moteur ou d'ailes en titane. Ce segment génère aujourd’hui 35% du chiffre d’affaires du groupe. Eric Guyon compte porter cette proportion à 50% dans quatre ans et diminuer donc la production de machines pour l'aéronautique. Le but est de devenir un acteur incontournable du secteur : « on veut développer des technologies difficiles qui demandent beaucoup d’investissement techniques et humains », explique le P-dg. Les investissements se feront surtout sur les sites nantais d’ACB. « C’est à Nantes qu’on devrait le plus investir dans les 2 -3 années à venir », précise le P-dg. Des recrutements sont encore prévus. « On recrute en permanence, rappelle le chef d’entreprise, on est 150 aujourd’hui sur Nantes, on était 70 il y a 4 ans ». Aujourd'hui Ariès Alliance emploie 300 salariés, et vise les 200 millions de chiffre d'affaires en 2020. Il réalise 120 millions d'euros de CA aujourd'hui.
Sa force : le titane
La bonne santé du groupe, présent aux Etats-Unis, à Grenoble et à Nantes, est clairement lié à la bonne santé du secteur aéronautique pour lequel il travaille exclusivement. Sa force ? Le titane. Il est devenu un spécialiste « En cinq ans, on a multiplié par dix cette activité, qui représente aujourd’hui près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires », indique Eric Guyon. « Le titane est un métal qui se marie bien avec le composite, matériau qui est de plus en plus utilisé par les constructeurs d’avions, à l’image de l’A350 ou du Boeing 787. Par ailleurs, les moteurs de nouvelles générations fonctionnent à des températures plus élevées, ce qui favorise l’utilisation de métaux plus résistants, comme le titane » précise le dirigeant.