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L’activité du sous-traitant aéronautique nantais Aries Industries redécolle
Nantes # Aéronautique # Investissement industriel

L’activité du sous-traitant aéronautique nantais Aries Industries redécolle

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Après avoir connu un trou d’air pendant les années Covid, le sous-traitant aéronautique Aries Industries connaît un fort rebond de son activité en lien avec le redémarrage du secteur aéronautique. Pour répondre à une forte demande, l’industriel investit sur son site nantais et recrute.

Aries Industries fabrique dans son usine de Nantes des pièces en titane et des machines spéciales pour le secteur aéronautique — Photo : NICOLAS PIOLLE

Le groupe nantais Aries Industries sort d’une zone de fortes turbulences. Avec des activités orientées à 95 % vers le secteur aérospatial, il a, en effet vu son chiffre d’affaires être divisé par deux pendant les années Covid. Ces difficultés financières ont conduit au placement sous procédure de sauvegarde de l’entreprise familiale, alors dénommée Aries Alliance, qui a été reprise en 2020 par le fonds ACE Capital Partners. Le nouvel actionnaire a alors injecté 20 millions d’euros dans la PME dans le cadre du plan de soutien à la filière aéronautique. Cette période semble aujourd’hui révolue, puisque le sous-traitant aéronautique devrait retrouver en 2024 son niveau d’activité d’avant crise, grâce à un développement que son président Mathieu Pacault qualifie de "véritable boom".

Haute technologie

Le groupe Aries Industries exerce deux activités. Il conçoit et fabrique des machines spéciales pour l’industrie aéronautique, via ses filiales ACB à Nantes et Cyril Bath, en Caroline du Nord, aux États-Unis. Il a également développé, depuis 2006, une activité de fabrication de pièces en titane, essentiellement pour l’aéronautique, à travers ses filiales, Aries Manufacturing à Nantes et Cyril Bath. Au total, le groupe emploie 250 salariés, dont 180 à Nantes, et réalise un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros auprès de ses clients, avionneurs et motoristes, tels qu’Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault, Embraer, Rolls Royce, Safran… "Nous sommes une entreprise de haute technologie. À Nantes, nous maîtrisons des technologies comme le formage à chaud, le formage par étirage de profilés, l’élastoformage ou encore le soudage par friction linéaire. Nous connaissons actuellement un fort développement, notamment sur notre activité de production de pièces", commente Mathieu Pacault. Produisant en moyenne 100 000 pièces en titane par an, Aries Manufacturing devrait ainsi doubler les volumes produits et son chiffre d’affaires entre 2022 et 2025.

Investissements et recrutements

Pour accompagner cette montée en cadence, l’industriel investit dans son outil industriel qui va s’enrichir, en 2024, de deux nouvelles machines d’usinage et de formage. La PME a également pour projet d’investir dans le chauffage de la nef et la réduction du volume sonore, afin d’améliorer les conditions de travail de ses opérateurs. Des ressources sont également affectées à la réorganisation de l’usine, notamment à la refonte de la partie assemblage. Autre projet dans les cartons : l’internalisation de l’activité de laquage. Ces investissements dans l’outil industriel s’accompagnent de recrutements. 30 postes sont actuellement ouverts : usineurs, ajusteurs, ingénieurs simulation, responsables de maintenance… Pour la partie assemblage de machines, l’entreprise s’appuie également sur un centre de R & D interne de 30 personnes. "Il faut toujours que nous ayons dix ans d’avance en inventant la nouvelle technologie nous permettant de devancer la concurrence. Celle-ci devrait s’intensifier dans les années à venir avec l’émergence d’un acteur chinois, Comat, qui devrait se positionner comme le troisième opérateur mondial d’ici quinze ans", pronostique Mathieu Pacault.

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