Vous êtes arrivés chez MX le 6janvier. Comment avez-vous exploité ces deux premiers mois?
J'ai passé la moitié du temps à l'extérieur, avec des exploitants agricoles. J'ai eu aussi l'occasion de voir un certain nombre de concessionnaires et je suis allé voir nos deux filiales en Allemagne et Angleterre.
Qu'attendent les clients et concessionnaires?
Ce sont des professionnels qui attendaient que MX vienne à leur rencontre et que MX soit clair sur sa stratégie de développement.
Ils n'ont pas compris le rapprochement avorté avec le groupe suédois Alõ en 2008?
En 2008, ils étaient interrogatifs sur notre stratégie.
Justement, comment définiriez-vous l'année 2008 et l'épisode Alõ?
Ce fut une année d'attentisme plus que de transition. Quant à Alõ, on est en train de tourner la page et je ne veux pas revenir dessus.
Sur le plan interne, quels sont vos objectifs?
Il faut stabiliser l'organisation et fixer des objectifs à trois ans. Au niveau interne, il fallait repréciser les rôles de chacun, redonner une ligne directrice. Nos équipes attendaient un signe fort.
Un signe fort dans un contexte économique difficile...
Nous sommes dans un marché qui est en diminution par rapport à 2008 même s'il est plus porteur que d'autres. Les tractoristes affirment qu'il est en retrait de 10 à 15%.
Dans ces conditions, quels sont vos objectifs?
On a des objectifs en terme d'organisation, de ventes, de nouveaux clients. Mais on ne peut pas encore parler de vision stratégique à cinq ans. Il faut retrouver l'excellence opérationnelle, redonner des objectifs en terme de taux de service, de qualité.
Êtes-vous venu chez MX pour une mission à durée déterminée?
C'est un vrai choix personnel. J'ai travaillé dans des groupes et je ne suis pas un homme de coups. Treize ans chez Renault Trucks, six ans chez Manitou, ce ne sont pas des sauts de puce. Je m'inscris dans la durée.
Face à la crise, et comme beaucoup d'entreprises industrielles, MX a-t-il réajusté ses effectifs?
L'effectif avait baissé en fin d'année. Il y a encore quelques intérimaires (une trentaine) et nous n'avons pas mis en place de chômage partiel. Il y a eu quelques vendredis non travaillés récemment mais qui seront rattrapés lorsque les commandes seront au rendez-vous. Aujourd'hui, on travaille à vue.
À Acigné, le fabricant de chargeurs pour tracteurs a un directeur général exécutif depuis janvier. Entretien avec Frédéric Martin.