Certains y voient une forme de revanche, lui se contente de saluer le travail de tous ceux qui ont permis à Aéroscopia de devenir réalité. Non pas qu'il ait oublié les doutes voire les railleries face à ce projet de musée de l'aéronautique mais Bernard Keller, le maire de Blagnac, dit avoir « toujours été confiant ». Certes, il y a bien eu « quelques moments de désolation, notamment quand j'ai vu que ni l'État ni l'Europe ne nous soutiendraient financièrement » mais « le militantisme des associations depuis pas loin de trente ans méritait que l'on s'engage. » Aussi la ville de Blagnac a-t-elle accepté de prendre la maîtrise d'ouvrage du projet et d'y apporter 4,71 M€ sur un total de 15,15 M€ (les autres financeurs étant Toulouse Métropole, Airbus, la Région, le Département et l'Aérothèque) pour « doter la métropole d'un musée qui soit le reflet de sa signature aéronautique. »
110.000 visiteurs attendusla première année
Implanté sur une parcelle de 66.000 m² en face de l'usine d'assemblage de l'A380 et à proximité du futur Parc des expositions, Aéroscopia a été pensé comme un fuselage d'avion et se compose de plusieurs parties : une halle de 7.800 m² (où seront exposés l'Airbus A300B, le Concorde et le Super Guppy ainsi que des aéronefs et avions de plus petite taille), un bâtiment d'accueil de 1.600 m² et une aire extérieure de 5.100 m². Actuellement, toute l'ossature métallique de 23 mètres de haut est visible mais bientôt elle sera recouverte d'une « peau » de zinc gris, conformément aux plans de l'agence Cardete et Huet Architectes. Si les premiers avions devraient prendre place avant cet été, l'ouverture du musée au grand public est prévue dans un an. « Nous devons encore travailler avec Manatour sur l'aspect billetterie », précise Bernard Keller. L'opérateur, déjà en charge des circuits de visite d'Airbus, s'est vu confier la gestion d'Aéroscopia par DSP de six ans renouvelable. Il prévoit d'y accueillir quelque 110.000 visiteurs dès la première année. Dans un deuxième temps devrait intervenir la réhabilitation de l'ancienne ferme voisine (dite ferme de Pinot), censée héberger des espaces de restauration, un centre documentaire, des salles pédagogiques, des bureaux associatifs, etc. Sur les 6 M€ complémentaires qui sont nécessaires, seule la ville de Blagnac s'est engagée à ce jour mais Bernard Keller « compte refaire un tour de table avec différentes collectivités et partenaires privés qui voient maintenant que ce ne sont plus des mots mais une réalité. » Une réalité qui semble tout de même avoir un délicieux goût de victoire...
Tourisme Sa charpente métallique étant achevée et bientôt recouverte de zinc, le futur musée de l'aéronautique devrait accueillir ses premiers avions avant l'été.