Trois ans après sa création, c'est l'impulsion qui va permettre à la société d'atteindre un nouveau palier. Après un premier tour de table pour son lancement, MS3D, à Bruz, prépare une nouvelle levée de fonds. Finalisée à la mi-mars, elle devrait permettre de recueillir entre 800.000 et un million d'euros, nous confie son directeur général Didier Le Néel, par ailleurs fondateur et dirigeant de la société voisine Algos (informatique industrielle). Déjà présent au capital, le fonds d'investissement Nestadio, créé par le Morbihannais Florent de Kersauson, devrait y souscrire. Des privés également, dont le dirigeant d'une société industrielle de l'est de la France. « On espère aussi Bretagne Jeunes Entreprises (BJE) », confie Didier Le Néel. Fabricant de machines destinées à réaliser du contrôle 3D de pièces - avec la technologie logicielle associée - MS3D compte sur cette levée de fonds pour passer rapidement à 25 personnes, contre 18 aujourd'hui. « Notre besoin essentiel c'est du fonds de roulement, explique le directeur général. On avance beaucoup d'argent à nos clients. Ça va nous permettre de tenir jusqu'à 2014. » Année pendant laquelle MS3D compte organiser un troisième tour de table, pour asseoir son développement.
De l'automobile à l'horlogerie suisse
Petite pépite habituée à l'ombre, MS3D développe une offre permettant à ses clients de réaliser des mesures rapides. « Nos clients sont des entreprises qui fabriquent en très grande série, détaille Didier Le Néel. On mesure jusqu'à 30 millions de points par pièce. Au rythme d'une pièce toutes les dix secondes. Jusqu'à deux pour le plus rapide. » MS3D travaille pour le secteur de l'automobile (contrôle de pistons, injecteurs, alternateurs, etc.), l'armée (rectitude de fûts de canons), l'aéronautique et... l'horlogerie. L'entreprise compte notamment pour client un grand horloger suisse dont elle n'a pas le droit de citer le nom. En menant notre petite enquête auprès de proches de l'entreprise, il semblerait néanmoins que ce fabricant soit très prisé d'un certain Jacques Séguéla...
Déménagement en 2014
Investissement pour le client : entre 100 et 500 K€ le système de contrôle. Un prix qui peut paraître élevé, mais la solution de MS3D constitue au final « un gros avantage marketing, explique le directeur général. Quand défaut sur un lot il y a, le retour d'une palette complète coûte cher. En image de marque aussi. Et puis cela évite des contrôles manuels. » Après un chiffre d'affaires d'1,4 M€ en 2012, MS3D espère quasiment le doubler en 2013 (2,5 M€). Compte tenu de l'investissement important consacré à la R & D les deux premières années, la société n'est pas encore à l'équilibre. Ce qui ne saurait tarder compte tenu de l'intérêt suscité chez un nombre de clients grandissant. Et pas seulement en France. Outre la Suisse, MS3D travaille également à l'export avec l'Allemagne - épaulée par Bretagne Commerce International - et la Grande-Bretagne. « Nos prochaines machines partiront en Turquie et en Roumanie, indique Didier Le Néel. Notre idée est d'aller aussi aux États-Unis. Mais pas avant 2015. » Face à tous ces développements, les bâtiments hébergeant aujourd'hui MS3D devraient vite devenir exigus. L'entreprise a d'ores et déjà calé dans son prévisionnel de 2014 un projet immobilier. « L'objectif est de rester autour de Rennes », assure le dirigeant.
MS3D
(Bruz) Président : Marc Rosenbaum Dg : Didier Le Néel Effectif : 18 CA 2012 : 1,4 M€ 02 99 52 47 40 www.ms3d.eu