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Mobilisation autour de l’avenir d’Outinord, où 120 emplois sont menacés
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Mobilisation autour de l’avenir d’Outinord, où 120 emplois sont menacés

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Skena Group, le propriétaire de l’entreprise nordiste Outinord, provoque une levée de boucliers en annonçant sa volonté de fermer le site industriel, qu’il a repris en 2022. 120 emplois sont menacés sur les 140 que compte l’usine de Saint-Amand-les-Eaux.

Outinord, qui se spécialise depuis 1955 dans la conception et la fabrication de coffrages métalliques pour la construction, emploie 140 personnes à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) — Photo : DR

Coup de massue pour les salariés d’Outinord (23,1M€ de CA 2023), victimes collatérales du ralentissement de l’activité dans le secteur de la construction. Les 140 salariés de l’entreprise de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), reconnue pour son savoir-faire dans la fabrication de coffrages métalliques pour le bâtiment et qui a fêté, début avril, ses 70 ans, se sont vus annoncer la mise en place d’un PSE. Ce dernier se traduirait par la fermeture du site, et la suppression de 120 postes. Un transfert pourrait être proposé à certains salariés vers un autre site industriel du groupe, le poitevin Sateco (environ 200 salariés, 37,6 M€ de CA 2023), qui à Mirebeau et Maillé (Vienne) développe lui aussi une expertise sur la fabrication de banches.

Une décision qui fait grincer des dents dans le Nord, puisque l’actuel actionnaire d’Outinord, Skena Group, détenu par le fonds londonien Equistone Partners, avait pris des engagements lors de sa reprise en toute discrétion du site, en 2022. Et notamment, celui de laisser se développer ses deux entreprises dans un climat de saine concurrence, sans pousser à la fusion. La stratégie a aujourd’hui changé semble-t-il. Le site de Mirebeau est en tout cas privilégié, au détriment de celui de Saint-Amand, dénoncent salariés et élus locaux.

Colère des élus

Dans un communiqué salé, Aymeric Robin, le président de la Communauté d’Agglomération de La Porte du Hainaut, fustige ainsi le "scandale du pillage organisé de l’outil industriel d’Outinord". "En 2022, lors de la prise de contrôle à 100 % d’Outinord par Sateco, il était annoncé qu’Outinord était la pièce centrale d’une stratégie de groupe plus globale et la volonté de garder les deux marques totalement indépendantes l’une de l’autre", rappelle l’élu, citant les propos du dirigeant de Skena, publiés chez nos confrères d’AC Presse début 2023. "À aucun moment, il n’a été question d’une quelconque fusion, affirmait alors François Guilloteau, président de la maison-mère. Il était essentiel de laisser vivre Outinord, d’un côté, et Sateco, de l’autre, avec chacun leurs spécificités et leurs spécialités."

Xavier Bertrand et Fabien Roussel prennent la parole

"C’est finalement l’usine de Poitiers qui absorbe celle de Saint-Amand-les-Eaux pourtant plus performante et plus innovante, conséquence d’un scenario prémédité et orchestré de longue date par les financiers d’Equistone et du groupe Skena", s’emporte l’élu PCF.

Même ton chez Fabien Roussel, maire PCF de Saint-Amand, qui dénonce une "décision brutale et inacceptable prise par le groupe Skena, […] alors qu’il s’était engagé à préserver l’outil industriel lors de son rachat il y a seulement quatre ans".

De son côté Xavier Bertrand a appelé dans un courrier adressé au préfet François Gaume, à la tenue d’une réunion rassemblant les différentes parties dans les prochains jours. "Il est impératif de nous mobiliser afin de s’assurer d’un suivi particulier et personnalisé à chacun des salariés afin qu’ils puissent retrouver un emploi au plus vite", écrit le président de la Région.

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